La mémoire de Zoubida Haggani Khaldi effacée
Un acte honteux et misogyne !
L’école de pêche de Béni Saf baptisée il y a 21 ans du nom de l’enfant de la ville, Zoubida Haggani Khaldi, vient d’être débaptisée, une plaque portant un autre nom a été apposée.
Fille de moudjahid et armateur de pêche, Zoubida Haggani Khaldi, est une figure incontournable de l’Algérie et d’Oran. Militante féministe infatigable, universitaire et intellectuelle libre et intègre, elle ne comptait pas son temps, ses moyens, ni son savoir. Avec une éthique rare, elle était généreusement au service de toutes les causes justes.
Zoubida Haggani Khaldi, fondatrice et militante de l’Afepec, a dès les années 80 activement participé à toutes les ripostes aux actes des islamistes portant atteinte à la liberté, la sécurité et aux droits des femmes particulièrement ciblées à Ouargla, Remchi, et Annaba. Elle combattait ces actes alors d’« intolérance » annonciateurs de drames grands pour notre pays, avec la plus grande énergie. L’énergie et la volonté de vivre dans la dignité, la liberté et la démocratie.
Nous devons la reconnaissance à celle qui, menacée de mort par des « vigiles de l’islam » dès 1990, a appelé les hommes à la résistance. Qui ne se souvient du cri de Zoubida en mars 1994 alors que l’Algérie pleurait Abdelkader Alloula, son grand ami et camarade ? Au journal télévisé de 20h, malade, elle avait courageusement lancé : «le lion d’Oran est tombé, ô hommes restez debout !»
C’est le nom de cette dame dont l’Algérie, celle qui partage naturellement ses valeurs et ses ambitions, a mesuré et apprécié la grandeur et le courage que l’on veut effacer. Le nom de Zoubida Haggani Khaldi dérange les misogynes et les tenants d’une concurrence et d’une hiérarchie des combats et des sacrifices.
L’Afepec salue la réaction rapide du Civic d’Oran à cet acte inqualifiable et appelle à la mobilisation pour que nul n’oublie les femmes qui ont contribué à l’indépendance et à la liberté de l’Algérie. Le nom de Zoubida Haggani Khaldi doit rester au fronton de l’Ecole de pêche de Beni Saf. Son nom rappelle à chacune et chacun une vie et une Algérie debout.
Afepec, Oran le 1er Août 2017
mohamed benguesmia chadly - militant associatif - Oran, Algérie
04/08/2017 - 345479
COMITE DINITIATIVES ET DE VIGILANCE CITOYENNES
C.V.I.C Oran
Ces Morts qu’on ne laisse pas Reposer en Paix
Les membres du Comité d’Initiatives et de Vigilance Citoyennes d’Oran, se voient outragés et indignés par la débaptisation de l’école de formation des pêches ‘’ Hagani KHELADI Zoubida ‘’, de Beni Saf, enfant de la ville et fille Moudjahid.
Cette débaptisation récente dans la wilaya d’ Ain Témouchent ne peut nous laisser indifférents, et, en hommage à la mémoire de cette remarquable dame, qui a sacrifié sa courte vie à la formation à l’université d’Oran Es Senia, de centaines de cadres du pays, menant aussi avec son immense stature des actions responsables en faveur des déshérités et des laisser pour compte.
Militante sociale, elle était à la pointe de tous les combats pour les libertés publiques et individuelles, la lutte contre l’analphabétisme, l’exercice de la citoyenneté et l’épanouissement de la femme algérienne et le combat contre toutes formes de violences faites aux femmes.
Sa disponibilité pour les actions culturelles visant à la revalorisation de notre patrimoine populaire ainsi que sa présence et sa disponibilité nous a toujours inciter à aimer notre pays en luttant contre l’obscurantisme et pour l’établissement d’un véritable projet de société.
Même morte, HAGANI KHELADI Zoubida, dérange encore ceux qui ne tolèrent aucun partage des valeurs d’humanité, de générosité et de tolérance et, qui sont responsables de la glaciation du champ politique, du muselage de la liberté d’expression et des libertés tout court, que le système a engendré et qui continue à pourrir le climat politique en s’attaquant aux symboles du savoir, de la tolérance et de l’amour incommensurable que cette dame portait pour son pays, si ce n’est qu’imposer leurs idées rétrogrades en ce qui concerne l’avenir du pays.
A ce devoir de mémoire, nous interpellons toutes les autorités du pays, tous les citoyens épris de justice, pour s’opposer par tous les moyens à cette débaptisation irresponsable et fallacieuse, afin d’empêcher à l’avenir que n’importe qui, ne s’érige en censeur au gré de son humeur partisane tout en se servant des armes de la république pour détruire des pans entiers des sentiers de notre mémoire.
Il est aussi de notre devoir de rappeler à ces ‘’ augustes serviteurs de l’état’’ que la plus grande immoralité, c’est de faire un métier qu’on se sait pas . Enfin ce n’est pas l’effacement d’un nom sur le fronton d’une école, qui ferait occulter leur incapacité à résoudre les problèmes combien épineux du chômage, du délabrement des services publics, de la mal vie des algériens, de la corruption endémique, de la déliquescence des systèmes d’éducation, de formation, de santé etc…
Oran le 30 Juillet 2017
BENGUESMIA CHADLY Mohamed
benguesmia chadly mohamed - moudjahid - oran, Algérie
02/08/2017 - 344973
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H Bouna
Source : www.reflexiondz.net