Ain-Temouchent - Revue de Presse

Aïn Témouchent



Incertaines perspectives pour la viticulture Hormis l?apparition de l?oïdium à Mostaganem facilement éradicable et une sécheresse relative à Mascara, la campagne vendange augure de bons présages à deux mois de son lancement. Cependant, si l?on sait d?ores et déjà, à moins d?un sirocco persistant, qu?il y a lieu cette année de s?attendre à une meilleure production tant en quantité qu?en qualité, bien des incertitudes demeurent, celles-là mêmes qui ont été à l?origine de l?organisation de journées d?étude ayant regroupé à Aïn Témouchent tous les professionnels du secteur à l?échelle régionale. Ainsi, la question du rééquilibrage de l?encépagement reste entière tout comme celle de la remise à niveau de l?outil de transformation et la réhabilitation de la réglementation encadrant l?activité vitivinicole. Sur ces trois plans, les deux journées consacrées aux perspectives de son développement, n?ont apporté que des demi-réponses, les uns et les autres étaient recroquevillés sur leurs intérêts particuliers. A titre d?exemple, les viticulteurs étaient surtout inquiets de ne pas connaître le prix qui leur sera offert au quintal de raisin de cuve. Et, à cet égard, sur les six transformateurs, en fait cinq si l?on soustrait le vigneron qui transforme sa production lui-même à El Amria (Aïn Témouchent), il y a un seul qui leur a annoncé 1500 DA le quintal pour le Merseguerra à l?achat et 2 800DA pour les autres variétés de cépages. Cela a d?ailleurs fait tiquer ses concurrents quant à la sincérité de sa proposition sachant qu?il ne risque pas de se voir livrer du Merseguerra parce que ses caves sont situées loin de la zone de production de ce cépage, une variété dont ne veulent plus les autres transformateurs parce que ne donnant pas à la transformation un vin de qualité. C?est dire si les intérêts des transformateurs divergent et si ceux des producteurs de vendanges sont différents de ceux des transformateurs, les viticulteurs étant pour leur part animés du seul souci de placer leur récolte sans se préoccuper de savoir si le vin qui en sera tiré est vendable ou pas. C?est ce que n?a pas manqué de leur reprocher le DG de l?ITAF (institut technique de l?arboriculture fruitière et de la vigne) qui les a exhortés à une remise en cause et à une mise à niveau dont son institut va se faire un devoir d?en être le garant. Ainsi, a-t-il assuré, il allait remettre au goût du jour l?application de la réglementation en la matière, une réglementation tombée en désuétude consécutivement à la lente décrépitude de la vini-viticulture algérienne. Par ailleurs, la concurrence qui fait rage entre les transformateurs est devenue si déloyale, entretenue qu?elle est en particulier par le non-respect de la réglementation, au point que la fraude sévit au détriment du consommateur et du fisc. Il n?était pas d?ailleurs étonnant que, lors des journées techniques, d?aucuns ont fait semblant de ne pas comprendre le propos d?un ancien fiscaliste lorsque, lors des débats, il avait rappelé la nécessité d?appliquer la taxe vinique, une taxe qui, au delà de son intérêt fiscal, constitue un mécanisme garantissant la qualité des vins produits. En effet, il y a lieu de savoir que la loi prévoit qu?à une quantité de vin produite doit correspondre une autre en alcool extraite des sous-produits, cette dernière étant livrée exclusivement au ministère des Finances. En effet, techniquement, le pourcentage arrêté entre les deux productions constitue une barrière à la fraude. Par ailleurs, il est de notoriété publique que des vins impropres à la consommation sont en vente sur le marché national, ce qui devrait interpeller et l?ITAF dont dépend l?organisation et l?assainissement du marché du vin, et le fisc et les services du commerce. On retiendra cependant au titre des recommandations de la rencontre qu?il a été demandé un soutien à la rénovation et l?acquisition d?unités de vinification.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)