
Quel crédit accorder au discours appelant au développement de l'agroalimentaire comme un des substituts à la dépendance aux hydrocarbures 'C'est la question que d'aucuns se sont posée lors d'une journée d'études organisée en fin de week-end au Centre universitaire de Témouchent sur la question de l'indispensable développement du secteur de l'agroalimentaire. Le directeur des mines et de l'industrie a mis en exergue l'intérêt pour la wilaya de Témouchent, wilaya agricole par excellence, de s'inscrire dans la nouvelle dynamique que connaît actuellement la filière agroalimentaire, «l'unique en progression à l'échelle nationale».Son collègue de l'agriculture a étalé les potentialités de son secteur ainsi que celui de la pêche. Pour tout esprit raisonneur, en ce qui concerne les ressources halieutiques, la production ne suffisant pas à couvrir la consommation en frais, cela rend illusoire tout discours en matière de transformation, d'autant que l'aquaculture est balbutiante pour des années encore. Quant à ce qui est de l'agriculture, une indication donnée par le wali invalidait toute perspective. En effet, une délégation d'Ouzbékistan est venue en 2005 prospecter l'éventualité d'investir dans une fécule de pomme de terre pouvant produire 1200 qx/ha contre 600 dans le meilleur des cas actuellement en Algérie. Les autorités centrales avaient orienté les Ouzbeks vers Témouchent, de manière à en finir avec la vitiviniculture et la remplacer par la production de pomme de terre.Cependant, après avoir effectué des études pédologiques, les Ouzbeks ont abouti, eux aussi, aux mêmes conclusions que les colons avant 1962. Ainsi, il est apparu, au regard de la nature du sol, du climat semi-aride de la région (moins de 400mm de pluie par an) et de la faiblesse des réserves hydriques souterraines pour l'irrigation, que la seule grande culture rentable était l'arboriculture rustique, parce que peu consommatrice d'eau.Et au titre de cette arboriculture, il y a l'oléiculture et la ?vitiviniculture ! Pour ce qui est de la première, elle a fait d'énormes progrès en matière d'occupation des sols, mais elle reste handicapée par divers écueils, dont le contrôle de la qualité et l'inexistence de mécanisation de la cueillette pour échapper au revers de l'absence de main-d'?uvre. Il reste la vitiviniculture que ne pourra remplacer le raisin de table que sur une superficie réduite pouvant être irriguée. Ce qui handicape sa reprise, c'est la décision prise en haut lieu de la taxer de culture «non halal». Chacun sait que c'était la rançon à payer à l'intégration des islamistes au sein de la défunte Alliance présidentielle. Aussi, se demande-t-on, si réellement le temps n'est plus à une économie rentière, qu'est-ce qui empêche la reprise de cette spéculation que nos deux voisins, à l'Est et à l'Ouest, ont récupérée depuis son arrachage chez nous pour mettre la main sur les parts de marchés algérien à l'export '
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kali
Source : www.elwatan.com