
S'alignant sur les critiques de la vox populi à l'endroit des opérations d'amélioration urbaine, les élus de l'APW, lors de la session de leur assemblée, n'ont pas ménagé les leurs.Mais le débat qui aurait pu être fructueux avec les représentants concernés de l'exécutif a débouché sur un dialogue de sourds, ces derniers reprochant aux premiers de noircir excessivement le tableau et de nier les efforts consentis ainsi que les faramineuses enveloppes financières injectées par l'Etat. Or, ce que les critiques avaient mis en exergue, c'est un bilan en termes d'impact réel et durable dans l'amélioration de l'environnement : «Voyez la qualité des travaux effectués ! Y a-t-il eu un réel suivi ou un contrôle ' Il y a de quoi en douter ! Et puis, par exemple, pourquoi réaliser un espace vert s'il est par la suite livré à l'abandon ' Pourquoi utiliser systématiquement du carrelage sur les trottoirs avec les résultats que l'on sait plutôt que du béton bitumeux moins coûteux et dont l'exécution des travaux n'est pas hasardeuse '».Telles sont quelques-unes des exclamations entendues : «Pourquoi, en certaines artères, la chaussée et les trottoirs sont faits et refaits alors qu'ailleurs, il n'en est rien ' Comment se fait-il que la place Emir Abdelkader, juste en face de la wilaya, soit sous scellés depuis des mois avec un barreaudage empêchant tout accès ' Et l'autre place inachevée, tout à côté, et dont le parking a été conçu sans aucun respect des normes '». La question de l'hygiène des villes a été également abordée, l'exécutif réagissant pour mettre en cause l'incivisme des citoyens : «Mais alors pourquoi ne sévissez-vous pas ' Et la force publique, à quoi sert-elle si vous ne lui faites pas appel '».Un autre élu rappelle : «Lors de la précédente session, j'ai signalé la transformation illicite des locaux commerciaux du programme présidentiel en logements ou plutôt en nouveaux taudis. Le phénomène était à son début, maintenant, il s'est généralisé à toutes les communes. Qu'a-t-on fait '». On se rappelle qu'à l'époque, le wali par intérim avait commandé une enquête, ce qui avait laissé croire que des mesures allaient être prises. De même, la privatisation par des individus d'espaces publics pour des activités commerciales au détriment du voisinage et de l'environnement est dénoncée.Pis, «certains s'approprient des terrains du domaine public, construisent autour un entourage puis les vendent ! D'autres agrandissent leurs demeures au détriment de l'espace public». Pour d'aucuns des observateurs, de tout ce qui a été dit, un seul a manqué, celui de l'implication des habitants lors des études de réalisation des projets. A cet égard, il y a bien eu un prometteur projet pilote de lifting au profit de la cité des 312 logements en 2004 au niveau du chef-lieu de wilaya, un projet qui aurait pu servir de modèle pour les autres.En effet, il avait été initié sur la base de trois mots d'ordre : participation, communication et durabilité. Ce qui signifie que, dans toutes les phases de l'opération, les habitants étaient impliqués. Cela allait de la conception des aménagements à leur réalisation de façon à ce qu'en définitive l'opération devienne la leur et que les travaux réalisés soient préservés de toute dégradation ultérieurement. Ainsi, les enfants avaient été sollicités à travers un concours de dessins par lequel ils avaient été invités à imaginer ce que devrait être leur cadre de vie, des dessins qui ont été soumis à un bureau d'études pour être exploités.De même, une enquête des ménages par sondage a sollicité les chefs de familles afin de connaître leur point de vue sur le devenir de leur cité et sur ce que pourrait être leur contribution. C'est dire si la démarche était prometteuse mais, pour rappel, cette opération pilote avait été menée en partenariat avec le groupe allemand GTZ. La question qui vient alors à l'esprit est de savoir pourquoi, s'agissant de travaux réalisés avec nos pétrodollars, ne recourt-on pas à cette démocratie participative que les Allemands avaient mise en ?uvre ' A-t-on peur d'habituer le citoyen à donner son avis '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kali
Source : www.elwatan.com