
Rien ne va plus dans les communes d'Aïn Témouchent. Partout où on se rend, une impression d'abandon et de laisser-aller est perceptible.En l'absence d'un chef d'exécutif, poste laissé «vacant» depuis la nomination de l'ex-wali, Mme Yamina Zerhouni à la tête du ministère du Tourisme, et au regard des textes et de la réalité du partage du pouvoir local, Témouchent vit en apnée avec des municipalités léthargiques, sans réelles prérogatives, sans moyens pour la plupart et handicapées par un déficit criant en management de leurs services techniques.Aussi, en l'absence d'une société civile, hormis celle fantomatique qu'exhibent les autorités pour entretenir l'illusion démocratique, les communes de la wilaya croupissent dans la médiocrité et les carences de tous ordres au grand dam de leurs populations : «Cela n'a rien à voir avec les départs en congé monsieur ! Les ordures qui s'entassent pendant deux à trois jours dans les rues à Témouchent même, cela ne peut s'expliquer que par le laisser-aller !», tonne un habitant du quartier des 411 lots. Des querelles de voisinage éclatent à propos des ordures ménagères non enlevées.Certains, plutôt que de laisser les leurs devant leurs portes, les déposent en catimini devant le voisin ou alors les jettent pas loin dans une autre rue. «Comment voulez-vous qu'il n'en soit pas ainsi ' Voyez les cyprès qui constituent un inutile brise-vent de derrière les murs d'enceinte de la DRAG et qui salissent en quantité les alentours de leur feuillage, n'émeuvent personne. Pourquoi d'ailleurs avoir planté ce type d'arbres salissants toute l'année durant et surtout facilement inflammables pour une main criminelle '».C'est le même discours véhément qu'on entend à El Amria : «C'est parce que le conseil municipal est déliquescent, tiraillé par ses divisions et que le P/APC est hors-coup. Rien ne marche ! Question hygiène, la ville est devenue une infection». A Terga, ce sont les nuisances des nombreuses carrières d'agrégat qui, épisodiquement, provoquent l'ire des habitants. Ce ne sont pas les émanations de poussière qui dérangent quiconque, bien qu'elles désolent les paysages ruraux et gâtent les terres agricoles par leur dépôt qui, mouillées, deviennent glaise et gênent l'indispensable infiltration des eaux pluviales.Il est vrai que ces terres se situent sur les territoires mitoyens d'El Malah et Chabab el Laham, communes, elles aussi gérées à la petite semaine. Ce qui par contre révolte, ce sont les nuisances sonores et les vibrations qui fissurent les maisons et qui en 2005 ont fait vivre à Terga des journées d'émeute. Ce sont les mêmes déflagrations des charges de dynamite qui épisodiquement produisent l'effet d'un séisme. En effet, parfois d'excessives charges de dynamite et de mauvais tirs sont effectués. Le sol dur, rocailleux depuis les carrières jusqu'à Terga, fait que la transmission de l'onde de choc du tir est au maximum.Mais encore, à Terga, on ne comprend pas pourquoi l'agglomération est sujette à des coupures intempestives du courant électrique alors qu'à un jet d'oiseau, une usine en produit 1200 MW : «La faute au transport de l'électricité ou à sa distribution comme on le raconte ' C'est de la foutaise, monsieur ! Ce serait probable si nous étions situés à des centaines de kilomètres, pas à trois kilomètres du lieu de production !» Egalement les forêts de Béni-Saf qui constituent la plus importante part de couvert végétal de la wilaya sont en train de partir en fumée. Selon des Béni-safiens, la protection civile paraît bien dépassée face à ce phénomène. En d'autres communes, les mêmes maux qui confirment que la déshérence est cruellement maîtresse à Témouchent.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kali
Source : www.elwatan.com