Le SG du parti El Islah, Hamlaoui Akouchi, a animé, hier, en milieu de matinée, un rassemblement de ses militants et sympathisants dans la salle Doui de Aïn Defla. Un rassemblement qui, il faut le dire, n'a pas drainé la grande foule, à peine une centaine de personnes, hommes et femmes, dont certaines sont venues avec leurs enfants en bas âge.
Avant que Akouchi ne prenne la parole, c'est le chef du bureau de wilaya qui a décliné une longue liste des titres que détient son chef et des responsabilités qui lui avaient été confiées. Akouchi commence par s'en prendre à la France de Sarkozy et autres Juppé et Kouchner. «Ils nous demandent de laisser le passé aux historiens mais ils ne se gênent pas pour incriminer la Turquie tout en glorifiant le colonialisme qui nous aurait apporté des bienfaits oubliant ainsi tous les crimes commis contre le peuple algérien et les peuples des pays colonisés», note l'orateur. «Le plus scandaleux, c'est notre Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui prend la défense de l'Etat français en interpelant Erdogan, lui recommandant de s'occuper de ses affaires», ajoutera- t-il. Il note alors le paradoxe : «Ouyahia fait de l'ami (Erdogan, ndlr) l'ennemi et de l'ennemi (le pouvoir français, ndlr), il en fait l'ami» en précisant toutefois «j'espère que ces déclarations n'engagent que le chef du RND et non l'Etat algérien. Akouchi adresse un lourd réquisitoire contre la façon dont est gérée l'économie du pays : «On nous dit que l'Algérie détient quelque 200 milliards de dollars de réserves, notre pays est riche et peut nourrir dignement 200 millions de citoyens, au lieu de cela, les Algériens s'immolent par le feu à force de frustrations, de crises du logement, de travail, mal nourris, mal soignés.» «Le pire c'est que ces gouvernants cherchent à perdurer, à s'accrocher au pouvoir», et de lancer une menace à peine voilée à leur encontre : «Les Algériens ne pardonneront pas ce qu'on leur fait subir.» A propos de logement, le SG d'El Islah s'interroge : «Où est la bonne gouvernance ' Où est l'Etat de droit, où est la justice sociale, l'égalité des chances quand les logements sont distribués pour la plupart aux proches des responsables '» Et de citer l'exemple récent de ce qu'a vécu la ville de Laghouat : «Sur 95 logements distribués, 25 ont eté octroyés à une même famille.» Pour Akouchi, «dans ce pays ne profitent que les voleurs et les trafiquants ». A ce sujet, il propose de demander des comptes aux responsables et de criminaliser toutes les atteintes à l'économie nationale. S'agissant de la faiblesse de l'investissement étranger en Algérie, l'orateur dira que «l'administration bloque et s'oppose à tout investissement en semant des embûches et au moyen d'une corruption effrénée» pis, Akouchi compare l'administration algérienne à l'administration coloniale. «Aucune différence… on est dans la continuité, on a tout hérité d'elle, toutes les lois toutes, les réformes sont élaborées pour servir les gouvernants et eux seuls.» Evoquant l'ouverture du champ politique à la femme, le chef d'El Islah note que «la femme est présente dans tous les secteurs sauf dans le champ politique et ce n'est que 50 ans après l'indépendance qu'on s'aperçoit de cette lacune qu'on tente de combler avec des quotas». Comme il fallait s'y attendre, la prochaine échéance électorale n'a pas été omise par le responsable d'El Islah. A ce sujet, il dira : «Ils ne veulent pas de la démocratie et de la transparence…. pis, ils justifient la fraude électorale en disant qu'elle est dans l'intérêt du peuple alors qu'elle ne sert qu'à placer ceux qu'ils veulent, où ils veulent et pour le temps qu'ils veulent, ignorant ce qu'est l'alternance. » Akouchi dénonce le pouvoir considérable de l'administration au détriment des institutions politiques. «Pour preuve, l'APW censée représenter le peuple est devenue une simple boutique pour le wali, à ses ordres.»Toujours fustigeant l'administration, Akouchi Hamlaoui dénonce l'inamovibilité des ministres : «Comment se fait-il que certains occupent des postes de ministre depuis plus de 15 ans voire 18 ans '» Cependant, ce rassemblement fut juste un réquisitoire contre le système de gouvernance, contre les gouvernants, mais à aucun moment, le responsable d'El Islah n'a proposé de solutions ni donné une vision de sa façon de gouverner et de gérer le pays. Questionné au sujet de la menace qu'il a brandie vendredi lors de la réunion du medjliss echoura du parti, quant à un éventuel charcutage des listes d'El Islah, il précisera : «Nous sommes pour le respect des lois, mais nous n'admettrons pas que des candidats soient éliminés sur la base d'accusations infondées, juste pour les évincer de l'action politique qu'ils ont choisie.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim O
Source : www.lesoirdalgerie.com