Ain-Defla - A la une

Les citoyens attendent le changement tant promis



Les citoyens attendent le changement tant promis
Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Ain Defla
Madani Azzedine

«C'est une nouvelle étape qui s'annonce pour le peuple, lequel a choisi la continuité, la stabilité.» C'est ce que soutiennent de nombreuses personnes avant d'ajouter qu'il est un peu difficile de comprendre la réaction des citoyens. «Ceux qui ont boycotté ont préféré d'une manière indirecte la continuité, s'ils avaient voulu qu'il y ait un changement, ils auraient voté massivement», dira Mohamed avant d'ajouter que la partie qui n'a pas voté n'a pas le droit aujourd'hui de faire des revendications.A Aïn Defla, beaucoup de citoyens, y compris les jeunes, n'ont pas voté. En chiffres, c'est plus de la moitié des inscrits dans les listes électorales qui ont tourné le dos aux urnes et ont préféré vaquer à leurs occupations quotidiennes.Pour Mokhtar, il est logique que cette partie ne vote pas puisque pour elle il existe deux lectures, la première indique que les gens sont satisfaits de leur situation sur le plan développement local, création d'emploi et trouve que les mesures prises par le gouvernement sont acceptables alors pour cette partie il n'est pas nécessaire de voter. La seconde lecture est que les gens qui n'ont pas voté ont trouvé les garanties pour le bon déroulement du scrutin insuffisantes pour éviter la manipulation des résultats.Pour certains intellectuels interrogés à ce sujet, le nombre de partis et indépendants participants à ces élections a eu un effet positif sur les partis bien structurés. En revanche, les autres partis nouvellement créés et les indépendants se sont partagé les voix de l'opposition pour s'affaiblir mais sans pouvoir influé sur le résultat du scrutin.
Dans la ville de Aïn Defla uniquement, plus de 8 candidats très connus ont participé chacun avec sa propre liste ce qui veut dire qu'ils se sont partagé les voix exprimées pour favoriser indirectement les partis structurés. Mohamed, mathématicien, qui a fait des calculs durant la campagne électorale sur le mode du scrutin et du comptage, était convaincu à l'avance de ce résultat, et il a dit que les partis comme le FLN et le RND allaient sortir vainqueur non pas par la fraude mais à cause de la répartition des voix entre les 50 partis et indépendants participants.Pour d'autres observateurs, les élections se sont déroulées le plus normalement du monde, en dépit de quelques incidents n'ayant pratiquement aucune influence sur le déroulement du scrutin. Mais les partis ont atomisé les voix et se sont de ce fait affaiblis alors que nombreux parmi eux auraient pu normalement opter pour une alliance qui leur aurait permis de devenir une force électorale.Toutefois, beaucoup de citoyens se disent étonnés par ces résultats. Pour Khaled, ce n'est pas normal d'avoir de tels résultats. «Ils ont choisi la continuité et la stabilité alors que la réalité se caractérise par une pénurie grave en médicaments et de vaccins dans les hôpitaux, une augmentation des prix des fruits et légumes et beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas normalement», déplore notre interlocuteur avant de poursuivre qu'il reste maintenant au parti vainqueur (FLN) de trouver rapidement des solutions à ces problèmes qui rongent le quotidien de la population.«La continuité ne doit pas exclure le changement, même interne. Et cela doit commencer par le changement des figures du gouvernement. Il est inadmissible de reconduire en poste un ministre qui n'a pas trouvé les moyens d'approvisionner les hôpitaux en vaccins alors qu'il pouvait le faire en achetant en urgence la quantité suffisante, sauf si son département ne disposait pas de moyens financiers, un autre qui a mené le système éducatif à un niveau très bas ou un ministre qui n'a pas pu réguler le marché de la pomme de terre' Les exemples des anomalies de gouvernance ne manquent pas», soutient Khaled avant d'ajouter que la stabilité et la continuité doivent se faire avec une composante gouvernementale jeune et nouvelle. Si c'est les mêmes figures qui vont être reconduites dans le prochain gouvernement, il n'y aura pas ce changement tant souhaité et promis, mais juste une continuité et une aggravation des problèmes. «Il faut voir la nouvelle composante gouvernementale pour juger de l'avenir du pays», conclut notre interlocuteur.D'autres citoyens disent que si le changement de leur quotidien se fait par les efforts du parti vainqueur, il faut lui donner une chance et voir ce qu'il fera. D'après eux, peut-être va-t-il changer de politique, laquelle sera en faveur du peuple et du pays. Pour ces citoyens, il faut attendre les prochains jours pour juger si la nouvelle stratégie qui mènera vers le changement et la stabilité est efficace.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)