
Des dizaines de citoyens de la localité de Sidi Ezzghaïmi, à 5 kilomètres à l'ouest de la commune de Boumedfaâ, à l'est de la wilaya de Aïn Defla, ont fermé, le jeudi 31 juillet, la route nationale n° 4 reliant Alger à Oran. La cause : ils ont protesté contre une éventuelle expropriation suivie d'indemnisation de leurs terres.En effet, une rumeur de démolition de leurs habitations (au nombre de sept) et la mosquée du quartier se propage de jour en jour, et ce, dans le but d'y implanter une zone industrielle. Durant la manifestation, des objets hétéroclites ont été utilisés pour couper le trafic routier durant presque une heure, à l'aide notamment de pneus enflammés, de pierres et de branches d'arbres. Un groupe de personnes âgées a refusé que ce lieu de culte soit démoli ou délocalisé.«C'est grâce à cette mosquée que nous villageois, enfants et adultes vivions en excellente cohabitation durant la décennie noire. C'était un lieu de rencontre pour repousser toute action terroriste. Et nous avons réussi à instaurer un climat de paix dans notre région», se rappelle le vieux Hadj Mohamed. Et de poursuivre : «Nous sommes pour le développement de la région, mais cela ne doit pas se faire sur le dos de notre cher repère qui nous rassemble. C'est un lieu dans lequel chaque croyant retrouve sérénité et béatitude.» Un arrêté d'évaluation de cet établissement religieux de 700 m2, estimé à 18 millions de dinars, a été notifié au comité de la mosquée.Mais ce lieu de culte «n'a pas de prix», insistent les protestataires. «Il nous est impossible d'effacer le rêve de son fondateur, El Hadj Bouzid Si Djelloul Imam, diplômé de l'université islamique Zeitouna (Tunis) qui a tout fait pour que cette structure religieuse soit érigée. Aujourd'hui décédé, on doit, au moins, respecter la mémoire du Cheikh fondateur de cette mosquée», argumentent-ils. Pour sa part, le P/APC de Boumedfaâ a souligné qu'une assiette de 57 ha pour abriter une zone industrielle dans cette région est en examen et que la première expertise a fait l'objet de recours. «Nous avons adressé un rapport détaillé à M. le wali de Aïn Defla pour que l'étude soit révisée, en prenant en compte les doléances émises par les personnes concernées.» Le secrétaire général de la daïra s'est indigné, quant à lui, de la manière dont l'action de protestation a été menée. Pour lui, des désagréments ont été causés à de nombreux usagers de la route, surtout ceux qui transportaient des malades et ceux qui avaient des rendez-vous important. En attendant la révision du projet, un retour au calme a été enregistré et rien de grave n'a été signalé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim B
Source : www.elwatan.com