Ain-Defla - Revue de Presse

Analyse



Un début novembre sanglant Le terrorisme qui a relativement reculé durant la première moitié du mois de Ramadhan dernier a repris crescendo au lendemain de l’Aïd El-fitr pour exploser avec les camions piégés de Reghaïa et Dergana dans la wilaya d’Alger l’avant-veille du 1er novembre, mois dont les premiers jours sont particulièrement sanglants. L’inquiétude, cependant, ne vient pas tant de l’agitation macabre des groupes du GSPC sévissant dans l’est de la capitale et la Kabylie, comme elle provient des autres organisations terroristes qui semblaient être en totale hibernation depuis des années. C’est notamment le cas de l’embuscade contre une patrouille militaire dans la commune de Belaas (Aïn Defla) qui a toujours été, depuis au moins 1997, une zone parmi celles où s’est implanté le groupe dit des «Houmate ed-da’âwa es-salafia» (HDS) dirigé par Mohamed Benslim alias Salim Abou Djaâfar El-Afghani. En effet, cette région du Sud-ouest de la wilaya d’Aïn Defla avec les communes de Belaas, Tiberkanine, Zeddine, El-Maïne, donnant sur la commune de Beni Bouateb et sa forêt impénétrable à cheval sur les wilayas d’Aïn Defla et de Chlef, a, longtemps, constitué un des plus importants refuges pour cette organisation après la région de Ramka dans la wilaya de Relizane. C’est d’ailleurs dans cette région où Benslim et son «conseiller militaire» ont perdu leurs épouses (deux sœurs) en décembre 2003, abattues en même temps que neuf autres terroristes dont leur propre frère lors d’un accrochage avec les forces de sécurité après une série d’incursions dans les douars des environs. Le père de ces deux jeunes femmes, Mohamed Benbadra, qui avait rejoint le GIA à ses débuts avec l’ensemble de sa famille s’est retiré en 2004 du groupe des HDS avec sa katibat El-I’tissam forte d’une vingtaine de terroristes pour prêter allégeance au GSPC et évolué à l’Est de la wilaya de Relizane avant leur reddition ou extermination à la faveur de la lutte antiterroriste durant l’année suivante.S’il est connu que Benbadra a, bel et bien, rejoint avec son groupe le GSPC et l’a fait savoir par voie de communiqué confirmé par un autre signé du GSPC lui-même, il n’a jamais été confirmé que le reste du HDS l’a suivi. Et jusqu’à preuve du contraire, le groupe qui pourrait exister encore dans la région de Belaas et le Sud-ouest de la wilaya d’Aïn Defla demeure celui lié à l’organisation de Benslim qui est autonome du GSPC. L’embuscade de jeudi dernier contre une patrouille militaire dont huit membres ont été littéralement massacrés porte bien la signature par laquelle celle-ci s’est fait connaître depuis qu’elle s’est implantée dans la région, au début de la deuxième moitié des années 1990. A savoir, le vol de troupeaux de moutons. Ce qui est arrivé ce jeudi a commencé justement par un vol de ce type et quand les militaires se sont rendus sur les lieux à la suite de plaintes des propriétaires ils sont tombés dans la fatidique embuscade. Ce réveil sanglant des HDS qui se sont faits presque oublier ces dernières années n’augure rien de réjouissant pour la région d’Aïn Defla. D’autant plus qu’elle reste sous la menace de l’ancien GSPD lui-même passé au GSPC et dont les survivants sont toujours dans le Sud-est de la wilaya au niveau de djebel El-Louh à cheval également sur les wilayas de Médéa et Tissemsilt, alors que la partie nord et surtout nord-est demeure sous la férule de l’ancienne katibat Djound Allah d’Ahmed Guellila alias Abou Hafs qui a rallié, elle aussi, le GSPC et qui opère des percées vers la wilaya de Tipaza. L’autre sujet d’inquiétude, en ce début novembre, est révélé par ce terroriste d’une quarantaine d’année qui a été abattu par les forces de sécurité à Aïn Romana, dans la wilaya de Blida. Tout porte à croire qu’il s’agirait d’un rescapé du GIA. Pour tout observateur aguerri, cette sinistre organisation serait encore riche d’une petite dizaine de terroristes survivants et qui semblaient avoir disparu dans la nature ces deux dernières années. Les attaques terroristes qu’a connues la wilaya de Blida au cours de l’année en cours paraissent bien porter la signature du GIA, mais comme pour tout le monde cette ancienne organisation semblait totalement et entièrement détruite, aucune information n’y fait allusion. A titre de rappel, il y a eu, le 23 mars dernier, l’assassinat de quatre paysans dans la région de Bouarfa, suivi le 7 mai par l’égorgement de deux bergers de 70 ans dont les corps ont été brûlés et dont les troupeaux n’ont pas été volés, et enfin le 20 juin, quatre autres paysans et un enfant qui ont subi le même sort. La nature de ces tueries porte bien l’empreinte du GIA tel qu’il s’est fait connaître tout au long des années 1990 et surtout à partir de 1995. La sporadique présence du GSPC dans la wilaya de Blida ne semblait pas avoir dépassé la région de Bougara-Meftah d’où est, d’ailleurs, originaire son «émir», Abou Mos’âb Abdelwadoud. Mais son agressivité de ces dernières semaines devait, d’une manière ou d’une autre, secouer les autres organisations. C’est, dans tous les cas, ce qui semble s’être produit le week-end dernier.
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