L'Association des médecins spécialistes de Aïn-Defla (Amsad) a organisé, samedi, une journée médicale à l'intention des médecins généralistes de la région, dans le cadre de la formation continue, la 8e du genre depuis sa création il y a 10 ans.
Cette activité scientifique s'est tenue dans l'auditorium du centre universitaire de Khemis-Miliana. 15 interventions se sont succédé en 3 thèmes, à savoir «Risque cardiovasculaire », «Le diabète avec ses complications inhérentes à ses impacts sur le système cardiovasculaire» et «Les urgences cardiologiques» sous forme de table ronde avec la participation d'éminents professeurs à l'image de Benkhedda, Latrèche et Tahmi, spécialisé dans les urgences cardiovasculaires en milieu sportif. Les intervalles entre les 3 phases ont permis aux nombreux participants de s'informer sur les meilleures conduites à tenir et les stratégies de traitement ou de prévention . Le Dr Zidani rapporte, citant les statistiques de l'OMS, que sur les 57 millions de décès enregistrés chaque année dans le monde, 36 millions décèdent suite aux maladies non transmissibles telles que le diabète, le cancer, l'hypertension artérielle... pour ne citer que celles-ci. Il note aussi que pour la première fois depuis sa création, l'ONU a ouvert le débat sur les maladies non transmissibles et recommandé au Etats membres de prendre en charge ces pathologies qui touchent pratiquement tous les pays. Leur prise en charge, note l'intervenant, coûte très cher. S'agissant de l'Algérie, on indique qu'en 2010 nous avons importé pour 2,5 milliards d'euros de médicaments et d'équipements médicaux. Cependant, des voix s'élèvent ici et là por dire que le «tout médical» n'arrivera pas à endiguer la recrudescence des maladies mais qu'il faut agir en aval par l'amélioration des conditions de vie, une alimentation plus équilibrée et plus saine, moins de sédentarité et plus d'activité physique qui diminuent, voire éliminent dans de fortes proportions les facteurs de risque tels que l'obésité qui devient une menace grave pour la santé publique dans notre pays. Sur quels facteurs de risque doit-on agir alors qu'on en dénombre 300 ' On indique qu'il est indispensable de cibler ceux qui sont modifiables, réversibles, le surpoids par exemple ou la sédentarité. Le Pr Tahmi, intervenant sur l'intérêt de la pratique des activités physiques, a montré les multiples retombées bénéfiques sur le sujet sain ou malade, tout en recommandant la régularité de ces activités, qu'elle soient individualisées, ciblées, adaptées et suivies. Effets bénéfiques sur le poids, le cœur et les autres organes, la circulation sanguine et les vaisseaux sanguins, les capacités respiratoires, donc une meilleure oxygénation sans compter qu'elles contribuent à tonifier et raffermir les muscles. Plusieurs études entreprises de par le monde démontrent que la pratique de l'exercice physique régulier et adapté permet de faire baisser le taux de mortalité. Certains participants ont relevé que l'éducation des populations est une œuvre de longue haleine «c'est là que le médecin doit faire preuve de son art de convaincre le patient», a-t-il été répondu. Le tabagisme et les risques cardiovasculaires qu'il génère a fait l'objet de l'intervention du Dr Mameri. Après avoir démontré l'action néfaste du tabac, elle a eu cette phrase : «Il ne peut y avoir de seuil minimum de consommation du tabac comme certains ont tendance à le croire.» Le Dr Fouzia Kessal a insisté sur le contrôle de la glycémie post-prandiale 2 heures après les repas, même si la glycémie à jeun est normale. «C'est au moment de la digestion qu'on peut s'apercevoir si les 2 phases naturelles de sécrétion se font ou si c'est seulement la 2e phase qui se fait et qui dans ce cas se traduit par une hyperglycémie qui peut être un sérieux facteur de risque d'accident cardiovasculaire. » Le Dr Larbi Bouamrane, fondateur et président en exercice de l'Amsad depuis 10 ans, éditeur de la revue La Pratique médicale, dans un entretien qu'il nous a accordé, se dit convaincu que c'est dans la formation et la recherche que l'on se doit d'investir si on veut réellement assurer une meilleur prise en charge des problèmes de santé auxquels nos populations sont confrontées au quotidien… En investissant plus dans les hommes, dans leur formation, on fera plus d'économies budgétaires quand on sait qu'on dépense des milliards de dollars à importer des médicaments. «Depuis 10 ans que nous activons, nous le faisons sur nos propres deniers et avec l'aide unique de nos sponsors qui croient en notre activité. De l'Etat, nous n'avons reçu aucun centime à ce jour.» Cela est d'autant plus désolant que des associations qui pourtant reçoivent régulièrement des subventions importantes n'ont jamais justifié de la moindre activité sauf de dépenser l'argent public à des fins parfois non louables.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim O
Source : www.lesoirdalgerie.com