S'adressant à une assistance fort nombreuse réunie hier au cinéma Doui de Aïn Defla, le SG de la Coordination nationale des enfants de chouhada, Khaled Bounedjma, s'en est pris sévèrement au gouvernement pour, dit-il, son refus d'appliquer la loi promulguée depuis 1999 portant statut et droits du chahid et de ses ayants droit.
Interpellant le président de la République, il dira «nous vous avons soutenu, nous avons soutenu votre programme, c'était notre choix, un choix conscient dans l'intérêt du pays… aujourd'hui, ceux qui en profitent et se remplissent les poches sont ceux qui s'étaient tenus à l'écart, les opportunistes, ceux qui s'étaient démarqués de votre politique et de vos projets, quant à nous, nous avons été marginalisés, ignorés, délaissés, laissés-pourcompte ». Mais c'est au gouvernement que Bounedjma s'en prend le plus «un gouvernement qui fait une loi qui est promulguée en 1999 et qui n'a pas été mise en application n'a plus de raison d'être, qu'il “dégage” (Yarhal)». Cependant, il se rattrape en déclarant «nous ne sommes pas contre l'Etat ni contre l'Algérie, que nous sommes prêts à défendre contre ses ennemis d'hier et d'aujourd'hui». Sur le plan politique, l'orateur trouve scandaleux que «l'Algérie prête des milliards d'euros pour apaiser la crise sociale en France, soutient ses banques, calme ses contestations… et qu'en guise de récompense, Sarkozy n'arrête pas de se livrer à des actes tendant à déstabiliser notre pays», ajoutant «nous leur disons que nous ne tomberons pas dans ces pièges, et comme l'ont fait nos pères, nous aussi nous défendrons l'Algérie». Par ailleurs, il fait remarquer que les slogans de démocratie, de liberté d'expression restent des mots vides de sens et de formuler de vives critiques contre la télévision «à l'écran, on donne la parole à loisir à des groupuscules qui ne représentent qu'eux-mêmes, à l'opposition, mais à nous on se contente de nous montrer et de parler à notre place… c'est de l'arbitraire, de la hogra, de la manipulation ». A titre d'exemple, il cite le cas des images de députés votant des lois sur l'importation de véhicules pour les familles de chouhadas et s'interroge «où sont ces voitures ' qui en a bénéficié ' ce sont là des images tendancieuses qui nous portent préjudice, on nous colle des étiquettes de profiteurs, des images qui font de nous la cible de la vindicte des citoyens, nous montrant comme des profiteurs alors que nous sommes exclus de nombreux programmes tels que le logement social, la terre…» Puis vient dans l'allocution le temps des «menaces» «ça bouillonne partout, dans toutes les wilayas, on n'attend que le feu vert de ma part, mais nous ne succomberons pas aux chants des sirènes, nous revendiquerons nos droits, des droits légitimes, consacrés par une loi, rien de plus, et ces droits nous obligerons à les reconnaître et à les concrétiser par une mobilisation massive». Dans ce cadre, Khaled Bounedjma donne une date «le 31 octobre, nous tiendrons un rassemblement national au stade du 5-Juillet ou à la Coupole et nous entamerons s'il le faut une grève de la faim qu'observeront des milliers d'entre nous à travers tout le territoire... et si le gouvernement persistera à ignorer nos droits, nous lui demanderons de partir». Un membre du secrétariat national de la Cnec et coordinateur de la wilaya de Aïn Defla s'est félicité de la nomination récente de plusieurs directeurs de l'exécutif de wilaya qui sont fils de chahid «un signe qui indique que nous avons maintenant nos représentants au sein de l'exécutif». Il a reproché aussi à de nombreux adhérents d'être devenus les indicateurs, les dénonciateurs d'autres enfants de chouhadas auprès de l'administration, en somme des «traîtres» nuisibles au mouvement de revendications de ces droits.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim O
Source : www.lesoirdalgerie.com