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AIN DEFLA Forêts en flammes



Tout le monde vous dira ici que cet été aura été le plus chaud depuis des décades, même les octogénaires à qui nous avons posé la question (faute de statistiques auprès des services concernés) sur une période de canicule qui aura duré autant de mois, aucun ne s'en souvient.
A titre d'exemple, le 20 juillet dernier, premier jour du Ramadan, à 14 h, les habitants ont eu droit à du 49°C l'ombre et dimanche dernier, à minuit, le thermomètre affichait allègrement 38°C. Certes, le parc forestier qui couvre les versants nord et sud de la vallée du Chélif, soumis à de telles températures, une telle sécheresse, s'est trouvé exposé à de grands risques d'incendie. Et les incendies de forêt n'ont pas manqué cette année, particulièrement et depuis la mi-juin.
Aucune région n'a été épargnée
Selon les informations que nous avons pu obtenir, ce sont 19 communes sur les 36 où d'importantes superficies de la couverture végétale et du parc forestier ont été la proie des flammes. Il est arrivé des journées où il a eu 4 à 6 départs de feu en divers points de la région, dans différentes daïras, mettant à rude épreuve les brigades anti-feu, ainsi que les équipements, surtout pendant la période des fêtes de l'Aïd où nombre d'agents ont eu droit à quelques jours de repos, notamment ceux de la brigade mobile qui compte dans ses rangs des éléments originaires de Tissemsilt, wilaya limitrophe. Pour maîtriser ces incendies, les services de la Protection civile ont eu à effectuer cet été 126 interventions contre seulement 23 durant l'été 2011. Sur le plan des dégâts, si en 2011 on a enregistré la destruction de 394 ha, cet été la superficie globale détruite a presque triplé puisque cette année, le feu a détruit plus de 1 000 ha. C'est le Zaccar qui a été le plus touché cette année, notamment les communes de Aïn Torki, 220 ha (versant est), Miliana 181 ha (versant sud) et Arib (sud-ouest) 140 ha. On notera aussi que ces 2 communes n'ont pas connu d'incendie cette année, ce sont Bathia et Djelida à l'inverse de l'été 2011 où dans les deux communes, 32 ha de forêt étaient partis en fumée. Ce nombre important d'incendies révèle que malgré une dotation supplémentaire récente en hommes, 100 agents, et en matériel, 2 camions-citernes de 6 000 l, la lutte contre les feux reste rude, car la dispersion des foyers entraîne une dispersion des moyens et, donc, ne permet pas une lutte plus efficace pour circonscrire et venir à bout de tous le foyers simultanément. Il va sans dire que la multiplicité et la simultanéité de ces départs de feux et des foyers d'incendie générés ne cessent d'intriguer bon nombre de citoyens quant à l'origine de ces incendies et de se poser moult questions. Selon les observateurs, on avance trois causes principales, à savoir la vague de chaleur exceptionnelle estivale de cette année, les bouleversements climatiques inexpliqués qu'a connus la commune de Miliana le 23 août dernier où des pluies abondantes se sont abattues avec même une chute de grelons suivie d'une importante baisse de la température, et enfin les incendies d'origine criminelle. On a pointé du doigt les charbonniers, les fabricants de «gatrane» (espèce de goudron produit à partir d'un processus avec des résineux) et les apiculteurs. Ce qui ne cesse d'accentuer l'énigme, c'est que jamais il n'a été fait mention d'une enquête menée par les services concernés et qui aurait abouti à une quelconque arrestation de pyromanes criminels.
L'énigme reste entière
De mauvaises langues expliquent le phénomène par «on plante des arbres l'hiver pour en brûler d'autres en été… Juste pour dépenser des budgets». On va jusqu'à dire qu'«il s'agit de défrichage délibéré pour permettre à des investisseurs étrangers de nouvelles plantations de nouveaux arbres». Tout le monde sait que la rumeur se nourrit du manque d'information crédible et justifiée.
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