La maison de la Culture de Aïn Defla vient
d'abriter l'Assemblée générale des agriculteurs de la wilaya, toutes filières
confondues, convoquée aux fins du renouvellement du bureau de l'Union locale.
Les travaux de cette assemblée ont été présidés par le président de l'Union
nationale des Paysans algériens (UNPA), Hadj Allioui, accompagné par Hadj Ould
El-Hocine, président de la Chambre nationale de l'Agriculture.
Avant le vote proprement dit, devant une
assistance très nombreuse, en présence du directeur de l'éxécutif de wilaya,
des cadres du secteur de l'Agriculture, Hadj Allioui a pris la parole
longuement, pour donner un aperçu sur les progrès accomplis par le monde
paysan, les résultats obtenus, les défis à gagner et l'importance accordée par
l'Etat depuis une dizaine d'années, pour le développement des différentes
filières agricoles.
L'orateur a d'abord fait l'inventaire des
«coups portés au secteur» des coups qui, selon lui, ont fait beaucoup de mal au
développement de l'agriculture en général et au monde paysan en particulier,
coups, dit-il, portés par ceux qui ont procédé à la destruction du système
coopératif et la dissolution des coopératives et livré les agriculteurs à
eux-mêmes. Ceux-là ont su où frapper... ils ont détruit les piliers de
l'édifice», selon lui, «ceux qui ont tout fait pour faire disparaître Caisses,
Offices et Coopératives, avancent aujourd'hui que, derrière notre volonté de
réactiver le système coopératif, nous voulons retremper le pays dans
l'idéologie socialiste... à ceux-là, nous disons que le système coopératif n'a
rien d'incompatible avec le libéralisme économique» et de citer, à titre
d'exemple, de grandes puissances productrices et exportatrices de produits
agricoles», où le système coopératif est très développé et est même à l'origine
de grandes réalisations industrielles. Allioui note que l'Algérie importe 7 milliards
de dollars de produits agricoles dont 1,2 milliard pour le lait, mais,
précise-t-il, «dans cette facture, il y a des produits qui ne doivent pas nous
être imputés, nous n'avons pas demandé à ce qu'ils soient importés». L'orateur
rappelle aux fellahs que «ces pays peuvent nous vendre des armes pour nous
entretuer, mais pas le savoir-faire ou les semences à haut rendement pour
acquérir notre indépendance alimentaire».
Parlant du défi à relever, le président de
l'UNPA dira qu'un pays fort ne peut l'être que par la puissance de son économie
en général et de l'agriculture en particulier. Il constate que la wilaya de Aïn
Defla joue un rôle de premier plan dans ce domaine, mais cela ne suffit pas,
«il faut non seulement se maintenir à cette place mais continuer à progresser».
Cependant il trouve que «tout ce qui se fait n'est rien si le problème du
foncier agricole n'est pas réglé» et d'ajouter, critique, «ceux qui font de
l'élevage n'ont pas de terre, et ceux qui ont des terres n'ont rien à côté».
Allioui suggère de se réappropier les structures agricoles abandonnées et de
les céder à ceux qui travaillent... Il met à l'index les holdings : «ils ont
été les initiateurs de l'échec, l'échec est partout depuis 10 ans... ceux qui
ont abandonné la terre, ceux qui ne l'ont pas défendue, l'ont vendue ou
abandonnée, sont des criminels» et demande à ce que cela cesse comme doivent
disparaître les liquidateurs et les agriculteurs sur papier. «Quel est le bilan
de ces holdings, que sont devenus les 184 000 ha de terre à haut rendement ?
S'interroge-t-il. Enfonçant le clou, Allioui dénonce ceux qui se targuent
d'être aux côtés des agriculteurs, «pourtant constate-t-il «60 % des labours se
sont effectués sans engrais» et 35 à 40 % de baisse de la production figurent
au programme et souvent le soutien est allé à ceux qui ne sont même pas
agriculteurs».
Succédant à Allioui à la tribune, Ould
El-Hocine ne cache pas sa satisfaction du fait que la wilaya de Aïn Defla a
enregistré un taux de croissance de 6,66 % un taux record de recette. La wilaya
de Aïn Defla doit être fière de ces résultats mais d'autres wilayas sont sur
ses traces. Et de citer Blida, Boumerdès et El-Oued. L'orateur rappelle l'aide
apportée par l'Etat et le soutien consenti à l'agriculture et la suppression de
la TVA et de dire «le bienfait est à compter ou à rendre».
Reprenant à son compte le système
coopératif, Ould El-Hocine, s'appuie sur l'exemple du Canada, premier
producteur de lait dans le monde, où il existe 4 900 coopératives dont la plus
importante rapporte quelque 12 milliards de dollars par an. Répondant aux
critiques adressées à l'encontre de l'Agriculture, l'orateur dira «on nous
reproche d'importer pour 250 millions de dollars de viandes soit 50 000 t et on
oublie que nous produisons 300 000 t de viandes rouges et autant de viandes
blanches».
A propos de l'UNPA, Ould El-Hocine dira
«nous sommes le parti le plus fort... puisque nous comptons dans nos rangs 1
million d'adhérents, ce qu'aucun parti politique ne peut se targuer d'en
compter autant. Nous sommes une force de propositions considérable et le pays
doit être aux paysans.. La terre doit revenir à ceux qui la travaillent» et il
ajoute, tout comme Allioui «aujourd'hui, nous devons non seulement compter le
bienfait du Président de la République mais aussi le rendre et nous le rendrons
en le soutenant pour qu'il assume un 3ème mandat».
L'Assemblée générale a été clôturée par le
renouvellement du bureau de l'union de wilaya, qui a vu Mr Mellouka Mohammed
reconduit à la tête de cette instance de base.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M N
Source : www.lequotidien-oran.com