Alger - Sahara


Feliza Suarez (Coordinatrice de l’ONG espagnole Medico El Mundo)



« Les réfugiés ont droit à leur panier basique »

Quel est l’objet de votre mission ?
Medico El Mundo est une ONG sanitaire qui travaille dans les camps de réfugiés sahraouis depuis 1995. Elle développe ses activités dans plusieurs pays du continent, en Afrique, en Asie mais aussi en Amérique latine. Un de ses plus grands objectifs, c’est de travailler sur le droit d’accès à la santé. Dans les camps sahraouis, Medico El Mundo travaille depuis 10 années avec des commissions médicales et chirurgicales au niveau ophtalmologique, notamment dans la formation des techniciens ophtalmologues. Durant les premières années, notre ONG s’est occupée à ramener du matériel. A partir de 2005, on a décidé de travailler de manière plus permanente dans les camps. Après une mission de reconnaissance effectuée en relation avec le ministère de la Santé sahraoui, il a été décidé que le secteur de la santé maternelle et infantile avait le plus de besoins. De là, on a développé un projet sur les droits reproductifs de la femme. Projet qui s’est développé dans la wilaya d’Aousserd, El Ayoun, le 27 février.
Est-ce que votre travail influence celui des autres ONG humanitaires qui opèrent dans les camps ?
Le pouvoir décisionnel des ONG qui travaillent sur le plan nutritionnel est beaucoup plus limité par rapport aux autres protagonistes qui opèrent dans les camps tels le PAM et le HCR. Certes, nous sommes en train de développer une ligne de nutrition mais, avant tout, avec le souci de se coordonner avec d’autres groupes. Toutes les ONG qui travaillent dans les camps opèrent dans le but d’améliorer la nutrition en général et de diminuer l’anémie chronique des enfants et des femmes.
Avez-vous établi un bilan ?
Nous travaillons plus avec les femmes enceintes et nous n’avons pas de données réelles concernant les enfants. Notre tâche à El Mundo est de veiller à ce que la grossesse soit bien suivie. Il y a de nombreux cas d’anémie sévère chez les femmes enceintes. Approximativement, on pourrait supposer que le taux d’anémie chez les femmes est supérieur à 70%. Par ailleurs, si nous nous référons aux faits, le taux d’anémie augmente et certainement les stratégies qui ont été choisies jusque-là n’ont pas été correctes. La population n’a pas une alimentation équilibrée permettant d’éviter cette maladie. Les réfugiés sahraouis vivent une grave situation. Il y a longtemps que le panier basique n’est pas distribué dans les camps. Avant, on donnait 10 kg de farine ; maintenant on n’en donne que 3 seulement. C’est le cas du sucre aussi. Et cela fait des mois qu’on ne distribue plus de lentilles.
Y a-t-il un risque de famine, selon vous ?
Nous n’avons pas de données solides pour affirmer cet état de fait. Le CRS nous a envoyé un communiqué. Nous espérons que les Sahraouis pourront rapidement avoir leur panier basique.







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