Annaba - Psychiatrie


Établissement hospitalier spécialisé Errazi : Hier en folie, l’hôpital a recouvré la raison

En d’autres circonstances, c’est sur la plus haute marche du podium des meilleurs gestionnaires d’un établissement public, hospitalier qui plus est, que l’actuel directeur de Errazi, spécialisé dans la prise en charge médicale des malades mentaux, et son staff auraient dû accéder.

Exception faite de quelques rares nostalgiques de la période où l’anarchie était totale, où tout ce qui était destiné aux malades prenait une autre destination, tous les témoignages concordent à dire que la situation s’est améliorée ces deux dernières années. Jamais ce type d’EHS, chargé des malades mentaux, n’a été aussi bien au contact direct des malades, de leurs accompagnateurs, du corps médical et paramédical. Les témoignages sont également des parents d’anciens pensionnaires de l’hôpital qui ont fait le parallèle entre la gestion catastrophique des précédentes années et celle depuis l’arrivée de l’actuel directeur. « Nous désespérions de voir la situation s’améliorer dans la prise en charge de nos malades. Elle était tellement mauvaise qu’il était difficile de croire que ceux chargés de les soigner ou de les assister étaient réellement des psychiatres, psychologues et autres spécialistes médicaux ou de techniciens du paramédical. Que l’on se plaignait ou pas, rien ne changeait. Nous avions l’impression que le médecin-chef de service faisait la pluie et le beau temps. Il a été dénoncé au ministre de la santé lors de sa visite dans l’établissement. Aujourd’hui, c’est comme si l’EHS Errazi s’est déplacé quelque part dans un pays très riche. Allez voir vous-mêmes ce qu’il en est », avoue Mme Lebsir Hadda mère de Djamel, un jeune malade mental. Il y a quelques années, à l’issue d’une enquête réalisée dans cet hôpital, nous avions titré « Hôpital en folie ». C’était le cas, au regard de ce que nous avions relevé comme malades traînant nus dans les couloirs et même à l’extérieur des pavillons, d’autres livrés à eux-mêmes et sans assistance médicale et paramédicale, des malades qui ne mangeaient pas à leur faim soumis à l’insécurité de tout instant, et surtout constamment rabroués par des cerbères jouant le rôle d’assistants médicaux. Avec le changement du collège directorial intervenu fin 2004, une révolution s’est opérée dans les comportements et dans les mentalités. L’EHS Errazi a entamé sa mue dans le sens des intérêts des malades. Les équipements adaptés aux malades mentaux firent leur apparition. D’hôpital « des fous » comme aiment à le qualifier les riverains, Errazi s’est transformé en une maison de repos avec toutes les commodités pour des soins adaptés à l’état de santé de ses 240 pensionnaires. Salle de jeu, de repos avec la musique, téléviseur grand écran et literies neuves, tout était disponible y compris les douches fermées des décennies durant et remises à neuf. Même l’odeur nauséabonde qui empestait les pavillons, salles et même le pourtour de l’EHS a disparu. Le comportement des malades paraissait plus calme et plus serein. Pour l’année 2006, 1900 d’entre eux y ont séjourné pour globalement 45 000 journées d’hospitalisation.





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