Alger - Ramadhan


Entre envie et démesure

« Il y a une juste mesure ; il y a enfin des limites précises hors desquelles ne peut se tenir le bien », écrivait Horace dans ses satires. Une citation qui colle on ne peut mieux aux réflexes d’un certain comportement lié, dans le présent sujet et à juste raison, au 9e mois lunaire.

Autrement dit, le mois béni de Ramadhan où les bourses des ménages se délient, à l’envi, voire de manière immodérée pour garnir la table des jeûneurs. Ainsi, tout se vend et s’achète au grand bonheur des commerçants de circonstance qui, l’espace de vingt-neuf ou trente jours, font florès. L’opportunité aussi pour d’autres petits vendeurs à la criée de boucler quelque ruelle ou venelle, de négocier un empan autour des souks pour écouler leur produit étalé à même le sol dans une animation cacophonique, bravant du coup, les règles élémentaires d’hygiène publique. Une occasion où, sous le couvert du mois de la rahma, la puissance publique préfère fermer les yeux, serait-on tenté de dire. Mais pourquoi donc toute cette frénésie qui s’empare des jeûneurs dont le réflexe dispendieux devient le maître mot ? Dire aussi que si pendant les heures de labeur, on se montre moins réceptif, on a tendance à se rattraper par la suite, dans une atmosphère gargantuesque autour de la chose culinaire. Chaque membre actif se fait plaisir sinon un devoir de ramener à la famille quelque chose qu’un autre membre de la maisonnée a eu aussi l’idée d’acheter. Un mois où tout porte à croire que l’excès et le gaspillage sont permis. Certes, le mois de Ramadhan draine l’abondance de mets, gâteaux et autres gourmandises, mais ne serait-il pas malvenu pour certains de faire dans les dépenses effrénées ? Au point de devenir des goinfres de mauvais goût ? Car, d’aucuns ont greffé, dans leur comportement ramadhanesque, des mœurs de prodigalité liées aux produits de la bonne chère, mettant à rude épreuve leur panse. Une réalité qui n’épouse guère, sommes-nous tenté de dire, les canons de la médecine, encore moins les préceptes d’une religion qui recommande dans un hadith la pondération, celle de « se sustenter lorsqu’on en ressent le besoin et lorsqu’on se nourrit, on n’évite de manger à satiété ».







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