EL-TARF: Quel avenir pour la tomate industrielle ?



Autrefois, fierté de la région et augurant d’un avenir radieux car pourvoyeur de centaines d’emplois avec ses six conserveries qui couvraient les besoins nationaux en concentré de tomate à concurrence de 52%, la culture de la tomate industrielle n’a eu de cesse de décliner ces dernières années au regard des multiples problèmes qui ont secoué la filière jusqu’à décourager les plus téméraires parmi les agriculteurs et les conserveurs. La plupart ont fini par abdiquer du fait des énormes pertes subies et des dérèglements en amont et en aval que la filière tomate a eu à subir. En effet, ni les associations des agriculteurs ni celles des conserveurs et autres partenaires n’ont pu assainir la situation et dont les doléances auprès du ministère concerné, en l’occurrence celui de l’Agriculture n’ont pas eu les efforts escomptés.

A titre d’exemple, un conserveur dira que sans être contre la concurrence au regard des nouvelles lois du marché, il ne la souhaite que loyale et c’est loin d’être le cas avec ceux qui s’adonnent à l’importation à outrance du concentré de tomate des pays comme la Tunisie, l’Italie ou la Turquie, au détriment du concentré local nettement meilleur.

A cela s’ajoute les entourloupettes d’une conserverie dont ils ont eu à dénoncer les agissements comme le fait de vendre sans facture en opérant des rabais en vue de liquider sa production et tromper le fisc. Un autre conserveur ajoutera qu’il doute qu’il fasse la campagne cette année du fait des prévisions faibles en tomate industrielle.

Pour expliciter la chose, ce dernier dira que la conserverie qui produisait jusqu’à 8.000 tonnes n’en n’a réalisé qu’à peine 1.500 tonnes l’année passée. De là à engager la campagne avec tous les frais que cela suppose pour une production dérisoire, il est préférable de rester tranquille.

Dans notre tournée auprès de certains agriculteurs spécialisés dans la préparation des semis de tomate dont c’est la période, nos interlocuteurs ont fait savoir que les surfaces consacrées à cette activité se sont rétrécies telle une peau de chagrin et couvriront à peine 3.000 ha destinés pour la plupart à la tomate de consommation. Quant au reste des parcelles, par le passé réservées à cet effet, elles ont été consacrées à la céréaliculture, ou bien laissées en jachère pour la culture de la pastèque. La cause de tout cela étant, bien sûr, les pertes sèches subies ces dernières années.

Enfin, même les mesures incitatives introduites par le ministère de l’Agriculture en vue de relancer la culture de la tomate industrielle avec, à la clé 10.000 DA à l’hectare (pour l’agriculture) travaillé dans toutes ses phases (labours, engrais) pour l’agriculteur, ne semblent pas tellement emballer les concernés. En effet, la plupart des terres consacrées habituellement à cette culture sont louées auprès des exploitations agricoles alors que parmi les documents à fournir l’on exige, entre autres, la fiche signalétique qui doit prouver que l’on est propriétaire des terres.






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