Algérie - Radio et télévision


Du monopole et des innovations : Télévision d’hier et de demain



L’attentisme de nos gouvernants envers les retards accumulés de nos médias est sidérant quand on veut prendre la mesure des bouleversements qui refondent leur évolution à travers le monde de l’internet. Il en est plus gravement du secteur de l’audiovisuel.

Le déjà plus « nouveau ministre de la communication » Hachemi Djiar a encore répété en chapelet : « L’audiovisuel ne sera pas ouvert au privé ; il ne faut pas se comparer à nos voisins » Parce que les auditoires algériens ont largement largué les amarres avec l’Entv d’Etat il sera de plus en plus utile, à titre d’information « opérationnelle » - et pour montrer comment cette rhétorique incantatoire est soumise à l’épreuve des faits de progrès universel – de signaler les innovations majeures qui leur permettent de s’approprier, via l’Internet, les progrès des autres nations. Le monopole étriqué et rétrograde au principe du phénoménal appareil audiovisuel d’Etat va devoir de plus en plus affronter (et non plus seulement « être comparé » à) l’épreuve d’une concurrence aux formes démultipliées à l’infini. Cette semaine, au moment où le ministre algérien tenait son discours devant un groupe d’ingénieurs formés par Télédiffusion d’Algérie (TDA), nous avons enregistré des échos du monde des médias qui bougent. Deux nouvelles techniques principales y sont en activité effervescente pour l’avènement du magnétoscope numérique, la télévision en peer to peer et le catch-up TV. Le fournisseur d’accès Club Internet a fait annonce récemment d’une offre en mesure de bouleverser et déterminer à la longue la « consommation » de la télévision – plus exactement de programmes audiovisuels – c’est la « catch-up TV. Cette avancée technologique, mise au point par Microsoft, permet à Club Internet en partenariat avec M6 Vidéo, de bousculer le système d’offre en proposant plus de liberté d’accès. Le principe du service est de « proposer quatre façons différentes de la consommer : en direct, par enregistrement, avec la VoD ou SVoD (catalogue de vidéos à la demande) et désormais via la Catch-up TV et la possibilité de voir et revoir une émission tout juste diffusée, au moment où le spectateur le souhaite. Des diffuseurs de télévision, comme d’autres fournisseurs Internet vont probablement participer à élargir l’offre, et subséquemment en diminuer les coûts d’accès des usagers. Dans l’état, il est annoncé une centaine d’heures de disponibles dans le catalogue Club Vidéo TV. Les usagers peuvent « remonter le temps » et retrouver le programme qu’ils n’on pu voir. Le coût est gratuit pour les émissions de la chaîne et payant pour la fiction. Un peu à l’image des journaux sur le Net, la quasi-totalité du stock produit par la chaîne est ainsi mis à disposition d’un « magnétoscope virtuel. » La seconde percée technologique et économique qui va considérablement étoffer le catalogue virtuel de programmes, et ainsi progressivement voir se réaliser l’hypothèse du sociologue J-L Missika de « la fin de la télévision », ordonnancée traditionnellement en robinet à faire couler (ou non), est concrétisée par deux innovateurs nordiques : le Danois J. Friis et le Suédois N. Zennström. Leur « Venice Project », modifié en société Joost propose la distribution gratuite de programmes de télévision, en respectant les ayant -droits et se rémunérant ensemble par le produit de la pub. A son lancement, prévu dans quelques mois, ce logiciel multi-plateforme utilisant le PC et le Mac pourra aussi avoir recours au PS3, Apple TV, Freebox, etc. Il est pourvu des fonctionnalités classiques du genre zapping, avance/retour/ pause et protocoles d’interactivité. Le mot fondateur des promoteurs du service est : « Nous prenons ce qu’il y a de mieux dans l’univers d’Internet et de la télévision, et nous réunissons le tout sur une même plate-forme. Nous associons la grande capacité de divertissement de la télé à la puissance d’Internet. » Dans ce balayage succinct et ponctuel des pointes d’évolution, notons l’état des lieux effectué cette semaine dans les activités de l’Institut national de l’audiovisuel français (INA) : sept millions de visiteurs sont passés par son site depuis avril dernier. Un moment pour son administrateur d’affirmer publiquement que, grâce à la sauvegarde par la numérisation : « La France est le premier pays à garantir la pérennité des images télévisées et des sons. Parce que l’INA est un service public, il me paraît naturel de restituer leurs images et leurs sons aux Français ».




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