Alger - Revue de Presse


DEVOIR DE MEMOIRE Zoubir Abdelkader, la fidélité assumée

Acteur du 1erNovembre 1954, au côté de Sid Ahmed Zahana auquel il vouait un respect absolu,Zoubir Abdelkader s'est éteint mardi à Oran. Ce militant de la première heures'en est allé, laissant derrière lui le souvenir d'un personnage modeste ayantcatégoriquement refusé de faire son fonds de commerce de sa participation audéclenchement de la guerre de Libération. Natif de Saint Lucien, aujourd'huiZahana, Zoubir Abdelkader a, très jeune, été envoûté par la personnalité duchahid Zahana issu de ce même village qui fut son éducateur et mentor enpolitique. C'est donc tout naturellement que Zoubir s'est retrouvé dans legroupe des militants sélectionnés par Si Ahmida pour préparer, avec lui, lagrande aventure de Novembre. Responsable de l'un des groupes formés par Zahana,Abdelkader a mené au côté du chahid, le 1er novembre, l'action dite de la «Mared'eau» dans la commune de Tlélat consistant à neutraliser le garde forestier dece lieu et à récupérer l'armement qui s'y trouvait. L'étincelle du 1er Novembreallumée, Zahana et ses hommes parmi lesquels le défunt se sont repliés dans lesenvirons de Saint Lucien au lieu-dit «Ghar Boudjlida». Les autorités colonialesne tardèrent pas à les repérer et à faire donner l'assaut contre la grotte oùils avaient trouvé refuge. La disproportion des forces et des moyens enprésence dans cet accrochage a tourné au désavantage de ces pionniers de laguerre de Libération. Zahana grièvement blessé, Zoubir Abdelkader et tous leursautres compagnons présents dans l'action furent arrêtés et incarcérés.Commença alorspour Zoubir Abdelkader, une longue nuit carcérale commencée dans la prisond'Oran et qui, de transfert en transfert, dans d'autres centres de détention enAlgérie et en France ne s'achèvera qu'au cessez-le-feu, prélude àl'indépendance de l'Algérie pour laquelle il s'était engagé sans réserve. Dansses pérégrinations carcérales, Zoubir Abdelkader, d'une nature très sociable,s'est lié d'une forte et durable amitié avec de nombreux compagnons dedétention, dont certains ont joué un rôle de premier plan après l'indépendancenationale. Pour sa part, il a rejoint le FLN en qualité de contrôleur national,poste dont il démissionna pour protester contre le coup d'Etat du 19 juin 1965.Depuis cette époque, il n'a plus jamais occupé une autre fonction officielle,vivant modestement mais convaincu du principe que la fidélité en politique nese monnaye pas. Dès qu'il a été informé du décès de Zoubir Abdelkader, lePrésident Ahmed Benbella qui lui porte une grande estime, a adressé un messagede condoléances à sa famille éplorée. Pour avoir côtoyé le défunt pendant plusde trente ans, l'auteur de ce devoir de mémoire atteste que le disparu vouait àl'Algérie et à son peuple un amour sans restriction qui n'excluait pastoutefois la critique lucide quand cela est nécessaire. Que sa famille, sescompagnons du 1er novembre, encore en ce monde, acceptent ce modeste acte desouvenir, comme l'expression d'un ultime hommage à l'homme, à son engagement etaux leçons de patriotisme qu'il a dispensées sans ostentation à tous ceux quil'ont côtoyé.

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