Daho Djerbal à la bibliothèque nationale : La femme et la citoyenneté en débat



L’historien Daho Djerbal a présenté hier à la Bibliothèque nationale d’Algérie (BN) à Alger le nouveau numéro de la revue d’études et de critique sociale Naqd intitulé Femmes et citoyenneté(1).

Un numéro consacré à la condition de la femme algérienne dans ses multiples facettes et confectionné par les femmes. Ont pris part à cette rencontre, suivie d’un débat, des femmes ayant contribué à cette nouvelle édition. Dans son intervention, Daho Djerbal relève qu’il y a des « possibilités de faire beaucoup de choses dans notre pays ». Aujourd’hui, la question de la citoyenneté en Algérie n’est pas « liée uniquement aux femmes ». Alors pourquoi cette édition de Naqd sur la citoyenneté de la femme algérienne ? Pour Daho Djerbal, il est constaté ces dernières années que « les filles enregistrent un taux de 60% de réussite au bac. Entre temps, à tous les niveaux de l’espace public, le nombre de femmes y occupant des postes de responsabilité s’accroît. Cependant, on leur dénie leurs droits. La société surchauffe ». Dans le drame de Hassi Messaoud de juillet 2001, qui a touché des femmes, les parties concernées, entre autres la justice et les médecins légistes, n’ont pas fait leur travail. Pourtant, il s’agit d’actes « criminels » comme les « viols » et les « lynchages ». Le procès a été « banalisé ». Chercheur associé au CREA et sociologue, Mme Chérifa Hadjidj constate que si les femmes ont gagné des espaces en matière d’instruction et d’emploi, en 1998, le taux d’analphabétisme concernant celles-ci a atteint 40%. Aussi, même si elles sont plus nombreuses à l’université, elles sont sanctionnées par le marché de l’emploi vu la « ségrégation » qui les touche, car « de nos jours, le diplôme ne constitue pas un moyen d’insertion sociale ». La sociologue Fatma Oussedik indique que la femme algérienne, aujourd’hui, constitue « une communauté de destin féminine, tout en remettant en cause l’autoritarisme qui frappe non seulement la femme algérienne mais l’ensemble de notre société ». A son tour, la sociologue Dalila Iamarène est revenue sur les événements du 7 juillet 2001 qui se sont déroulés à Hassi Messaoud. Ce jour-là, « les hommes chauffés à blanc par un imam agressent des femmes », qui ne sont là que pour travailler. Il y a eu « viols et lynchages entre autres ». Néanmoins, « les services de la santé, de la police, de la gendarmerie, le ministère de la Solidarité nationale ainsi que le reste des institutions concernées n’ont pas joué leur rôle quant à la prise en charge des femmes victimes de ces agressions ». La même voix relève que ces actes « sont dus à une idéologie » hostile à la femme et qui refuse qu’elle soit « autonome ».

(1) La revue Naqd « Femmes et citoyenneté » n°22 et 23 Prix 400 DA




Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)