Algérie - Revue de Presse


Conjoncture



Démagogie La concorde civile a cinq ans. L?émission que lui a consacrée la télévision nationale a été centrée sur les résultats de cette option politique engagée par Bouteflika, lors de son premier mandat présidentiel, avec comme finalité le retour de la paix en Algérie après une décennie sanglante. Le décor est donc vite planté : si le pays a retrouvé le goût de vivre en toute sécurité, c?est grâce à la philosophie de la concorde et, bien entendu, à la perspicacité de son promoteur présenté comme l?homme qui a réussi à trouver la bonne formule pour faire basculer la violence intégriste. Le raccourci de l?Unique, s?il n?a pas dérogé à la tendance démagogique pour accentuer l?idée du choix salutaire du Président, a cependant perdu toute crédibilité en faisant, de façon grossière, l?impasse sur d?abord la très forte et courageuse résistance populaire, toutes couches sociales confondues, qui par ses sacrifices a évité que l?Algérie ne se transforme en un Etat islamique, et ensuite sur le rôle très actif des démocrates qui a permis à la société algérienne de rester vigilante devant le danger intégriste. Ignorer ces deux aspects du combat mené contre les forces du mal, c?est, à l?évidence, voiler de manière flagrante une vérité que la touche finale apportée par Bouteflika, aussi pertinente soit-elle lorsqu?elle est prise sous l?angle d?une solution circonstancielle à la situation dramatique vécue en ce moment-là, ne saurait supplanter. L?impératif de la communication a, au demeurant, été orienté exclusivement sur les besoins d?un encensement de l?action du premier magistrat du pays au détriment d?une analyse rigoureuse sur la genèes de la crise politico-sécuritaire qui aura mobilisé l?ensemble de la société algérienne avant que les effets du retour à la normale ne se confirment. Qui donc la télévision de HHC veut-elle tromper en continuant à cultiver le culte de la personnalité dans une conjoncture où les tensions politiques, surtout celles émanant de l?opposition, sont à leur plus bas niveau et qui font que Bouteflika, tout compte fait, n?est plus soumis à la nécessité de soigner son image publique après son « historique » élection ? De surcroît, le fait de dénoncer sans détour l?entière responsabilité du courant islamiste dans la violence terroriste qui a causé des pertes humaines par milliers et des dégâts économiques énormes dénote la tentative de l?Unique de vouloir se replacer après s?être longtemps fait remarquer par ses tergiversations que l?idéologie intégriste n?a pas manqué d?exploiter. Maintenant que les choses ont tendance à se tasser, il est plus facile de monter au créneau.




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