Annaba - Revue de Presse


Complexe d'El-Hadjar Vers une grève générale

Finalement, ce que craignaient les travailleurs du complexe Mittal Arcelor risque de se produire. En effet, un préavis de grève illimitée a été déposé par le syndicat hier. Le débrayage, si les choses restent en l'état, pourrait intervenir dès mercredi prochain. «Entre-temps, le syndicat ne rompt pas le dialogue et se tient disposé à répondre à toute sollicitation émanant de l'employeur pour entamer les négociations», lit-on dans le préavis signé par le secrétaire général du syndicat, Smaïn Kouadria. La réaction du partenaire social est motivée par l'absence de négociations et de réponses que l'envoyé spécial de Londres, M. Will Smith, devait rendre au syndicat à partir d'hier. La réunion qui était prévue n'a pas eu lieu, ce qui provoqua l'ire des syndicalistes, qui, lors d'une assemblée générale tenue hier, se sont prononcés pour le préavis de grève. «En guise du négociations, il n'y a eu qu'une rencontre au cours de laquelle la partie syndicale a été convaincue que M. Will Smith, l'envoyé spécial, n'était en fait qu'un simple éclaireur venu tâter le terrain et prendre le pouls du partenaire syndical», lit-on encore dans un flash syndical destiné aux travailleurs du complexe d'El-Hadjar. Le syndicat informe donc les travailleurs qu'il n'y a pas de négociations avec la direction générale du complexe d'El-Hadjar, du fait que cette dernière se trouve incapable de prendre des décisions. «Nous sommes face à un pouvoir décisionnel qui échappe totalement à la direction générale de Annaba. Les décisions sont prises à Londres», nous a déclaré hier M. Smaïn Kouadria, secrétaire général du syndicat d'entreprise de Mittal Arcelor de Annaba. Ce dernier doute de la connaissance du dossier par les patrons de Mittal Arcelor à Londres. Un fait qui justifie, pour les syndicalistes, la non-application des engagements consignés dans un accord collectif co-signé avec le directeur général Sanjay Kumar et le secrétaire général du syndicat d'entreprise, Aïssa Menadi, aujourd'hui député. Cet accord engage les parties au respect de dix points traitant de la sécurisation des emplois, l'amélioration des conditions de travail, les promotions du personnel, la régularisation des intérimaires, les reliquats de congés, la mise en place des organigrammes de l'entreprise, l'utilisation rationnelle des heures supplémentaires, notamment. A cet accord, s'ajoute le dossier épineux des retraités. «De son côté, l'inspection du travail, saisie du différend, n'a pas réuni les deux parties pour tenter la conciliation», lit-on encore dans le communiqué, qui met en évidence le revirement de la direction de Mittal Arcelor et son intention de dégraisser les effectifs à travers un départ massif à la retraite de quelque 1.200 travailleurs. «Nous n'empêcherons personne de partir et si nous pouvons ramener plus que les 60 millions de centimes (pour les départs), nous le ferons. Mais le problème de fond n'est pas dans le départ mais dans les conséquences que pourrait générer cette situation. Une perte de savoir-faire irremplaçable. L'entreprise doit procéder aux remplacements par des recrutements externes et la mise en place d'un plan de départ qui pourrait assurer une continuité dans le fonctionnement des ateliers», indique M. Smaïn Kouadria. Et d'ajouter: «Aujourd'hui, nos ouvriers et techniciens maîtrisent tous les aspects technologiques de tous les prototypes récents qui font partie de la 7ème génération des automates programmables. Ils ont même détecté des failles dans des notices techniques élaborées par les fabricants de machines». Cependant, les syndicalistes estiment que le problème est loin d'être celui lié au dégraissage des effectifs. La masse salariale actuelle ne représente que 12% du chiffre d'affaires de l'entreprise de Annaba. Ces derniers procèdent à des comparaisons chiffrées et estiment que le travailleur d'Annaba touche dix fois moins que celui de Mittal Arcelor en France, les charges en énergie et en consommables sont loin d'être ceux de autres pays. «Même au niveau installation, les nôtres sont obsolètes. Il n'y a pas eu de gros investissements au niveau du complexe d'El-Hadjar, une main-d'oeuvre presque gratuite, en plus de nombreux avantages fiscaux. En faisant cette comparaison, on constate que nos travailleurs demeurent encore lésés», souligne M. Kouadria. «Mais nous ne faisons obstacle à aucune forme de négociation. Ce qui nous intéresse, c'est le résultat», a encore ajouté le secrétaire général du syndicat de Mittal Arcelor de Annaba. Pour les syndicalistes, huit jours sont suffisants pour les patrons pour éviter la paralysie du complexe.


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