COMPAGNONS DE SIDI GUESSOUMA”, DE ABDELMADJID MERDACI Le chaâbi, une histoire algérienne



COMPAGNONS DE SIDI GUESSOUMA”, DE ABDELMADJID MERDACI Le chaâbi, une histoire algérienne
Abdelmadjid Merdaci (à droite) à l’Agora du livre. © Louhal Nourreddine / Liberté

La librairie Mediabook a ainsi abrité une rencontre avec l'universitaire Abdelmadjid Merdaci autour “Des musiques citadines”, où il était question du genre chaâbi, propulsé par les “foundouq” au rang de musique de l’urbanité.

Pour sa “Der des Ders”, l’agora du livre de la librairie Mediabook de l’Enag a reçu le 30 juillet dernier l’historien Abdelmadjid Merdaci pour qu’il soit ce guide du “foundouq” où le “médiator” et les cordes pincées de “l’oud” (luth) témoignent de l’odyssée des Compagnons de Sidi Guessouma durant les années 1950 (éd. Du champ libre). Cercle restreint aux seuls mélomanes de “nûbat” ou “nadi” (club), “c’est en ce lieu mémoriel où gît le chant citadin qui a été cueilli à l’éclosion des bourgeons de l’‘Elak’ (émission de langue arabe et kabyle de la station d’Alger de la radiodiffusion française”), a déclaré l’auteur du Dictionnaire des musiques citadines de Constantine”.

À telle enseigne que le poste de TSF palpitait aux “Voix à la nùba” de Mohamed Idir Aït Ouarab dit El Hadj M’hamed El Anka (1907- 1978), Hadj M'rizek né Arezki Chaïb (1912- 1955), Khelifa Belkacem (1907-1951) ou encore Ahcène Larbi Benameur dit H’sissen (1929-1959), Mohamed Zerbout (1936- 1983), Boudjemaâ Mohamed Arezki dit El Ankis (1927- 2015), Amar Lachab et H’cen Essaïd (1931-2013).

D’où les semailles de la musique citadine dans l’intérieur select des “madjliss” de Constantine : “Autrement, le foundouq est l’escale obligée vers le statut d'artiste”, a déclaré l’auteur du livre GPRA. Un mandat historique. 19 septembre 1958-3 août 1962 . “Antre de la musique citadine, l’intimité des foundoq à prêcher le genre châabi jusqu’à le populariser au rang de musique de l’urbanité qui s’esquisse autour de l’harmonieux art de vivre de la Casbah d’Alger”, a ajouté le journaliste-modérateur Abdelhakim Meziani. D’où l’ambition du tribun d’intégrer les Compagnons de Sidi Guessouma de Constantine dans sa “Contribution à l’histoire du châabi”.

À ce propos, “le chaâbi est bien une histoire algérienne, une histoire de l’Algérie qui reste à écrire”. Autre lieu d’élocution du chaâbi, le cercle du Club sportif constantinois (CSC) où excellait Amar Bouhabib aux côtés d’un jeune algérois lors des “sahrat” (veillées) de Ramadhan : “Le châabi serait-il un mixte musical inédit qui croiserait les apports algérois et les mutations de la citadinité algéroise ?”, s’est interrogé le conférencier.

Mieux, le conférencier y apporte même la réponse : “Le chaâbi est algérois comme le mahdjouze est constantinois sauf que le châabi se chante à Jijel, Mostaganem, Blida, Annaba, Béjaïa et le mahdjouze non”, a déclaré le sociologue lors de la lecture de textes choisis. Au demeurant, l’orateur a narré l’itinéraire d’une pléiade de chouyoukh de zdjel et chaâbi à la médina des Ponts, dont Omar Chaqleb, Djamel Derdour, Cheikh G’ma, Zerouala, Mohamed Chérif Merkouche, Mouloud Amine Khodja, Boudjemâa Madoui.

En ce sens, l’aventure des Compagnons de Sidi Guessouma est aussi cet almanach de photos et de légendes qui ressuscite l’épopée merveilleuse du cercle Châabania de Constantine dont faisaient partie Si Mohamed Bendjelloul, cheikh Maâmar Benrachi (1904-1989), Abdelmoumen Bentobbal, Abelkader Toumi, Mohamed-Seddik Fergani dit Zouaoui (1913-1995), Cheikh Hassouna (1896-1971) et Abdelkrim Bestandji… qu’il incombe à l’historien d’intégrer aux pages de la postérité, a conclu le conférencier.





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