Algérie - Revue de Presse


Combien ça coute ?



Sentencieuse et rigide comme un garde suisse, la TV raconte chaque soir l?été algérien. Idyllique, joyeux, sémillant et pimpant. Nulle ombre au tableau, aucune fausse note. Dans ce défilement d?images, il règne une atmosphère de repos, de farniente. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. On le martèle avec entrain et enthousiasme. A croire que la corne d?abondance a jeté son dévolu sur nos contrées. Les griots, affrétés pour la circonstance, sèment la bonne parole et prêchent dans un éden, le tourisme de masse se porte bien. Il fait des heureux. Sauf qu?il faut mettre un petit bémol dans cette « dolce vita » cathodique et cousue main. L?Unique répugne à parler de prix, des sommes à consentir pour accéder au territoire des délices pour tous. Là-dessus, elle ne pipe mot. Mutisme total. Le sujet semble fâcher. On l?élude et on le contourne discrètement. Or, quand il s?agit de vacances, l?argent est roi. Il fixe les limites des uns et des autres. C?est un obstacle de taille, surtout pour les bourses modiques. Aussi, on voudrait bien savoir combien coûte un séjour dans un hôtel de la côte algéroise ? Quel est le montant d?une « djelssa » dans une cafétéria du littoral ? Les jeunes peuvent-ils s?amuser dans une discothèque sans se ruiner ? Une modeste famille peut-elle prendre un repas dans un restaurant à Sidi Fredj ? Combien coûte une randonnée en jet-ski, un équipement de plongée sous-marine ? Il y a un tas de questions qui se posent. L?accès aux loisirs en période estivale, le droit de prendre du bon temps sans se saigner les veines ne sont pas une pécadille, ni un détail de l?histoire. Faire comprendre aux gens, qu?il leur suffit de vouloir pour pouvoir, tient actuellement du rêve éveillé. Susciter l?espoir d?un tourisme de masse à portée de la main, n?est pas perspicace. Il y a tant de familles qui arrivent difficilement à boucler les fins de mois. N?ajoutons pas à la frustration en voguant dans un océan d?inexactitudes. Pour tâter le pouls du vécu quotidien, l?Unique devrait regarder du côté des enfants de la misère, qui sillonnent les plages en quête d?un maigre pécule.




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