Algérie - Revue de Presse


Cité des filles à El Alia



Vue sur cimetière Lugubre, délabré et sinistre. Les termes ne sont pas exagérés. Ils sont prononcés par une ancienne de la cité d?El Alia, sise à Bab Ezzouar. « Méfiez-vous de la verdure à l?entrée, lance-t-elle, ce n?est que du vent, la réalité est tout autre. » Lila y a vécu tout son cursus universitaire. Elle connaît les lieux par c?ur, mais préfère ne pas s?en souvenir. Les murs sont noirs, écaillés par l?humidité, les sanitaires « dégueulasses » et la place manque comme partout. Les étudiantes sont souvent quatre dans une chambre de deux, « mais cela fait bien longtemps qu?on ne considère pas ces chambres comme doubles », explique-t-elle. L?explication est toute simple. « On a pu le deviner parce qu?il n?y a que deux placards », ajoute-t-elle. Les paliers comportent quatre chambres, ce qui fait au total seize personnes en moyenne qui se partagent les deux lavabos et la seule douche du palier. Quant aux toilettes, Lila les qualifie d?« infectes » quand on sait que certaines cuvettes anglaises sont en partie cassées. Les déchets ménagers, la saleté et les marécages n?arrangent en rien les choses. Dès le début des chaleurs, les petites bestioles émigrent dans les chambres. « Les murs étaient recouverts de moustiques. On était obligé de fermer les fenêtres tôt, malgré la chaleur », se rappelle-t-elle. Toutefois, Lila ne le cache pas. Les fenêtres étaient rarement ouvertes. Non pas à cause de la vue sur le cimetière d?El Alia, mais plutôt pour éviter de sentir les mauvaises odeurs venues tout droit de la décharge publique de Oued Smar.




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