Béjaia - Immigrés et Expatriés d'Autres Nationalités


Béjaïa, Les émigrés plus nombreux cette année



Au total, 21 car-ferries ont accosté au port et 229 aéronefs ont atterri sur le tarmac de l’aéroport Soummam Abane-Ramdane.
56 764 personnes ont transité par le port et l’aéroport de Béjaïa, selon les statistiques officielles arrêtées au 12 août.

Ils sont comme les hirondelles. Chaque année à la même époque, ils rentrent au pays qui les a vu naître. Ils, ce sont les émigrés, même si ce terme ne veut plus dire grand-chose tant la nature de l’émigration algérienne en France a profondément changé.
Il ne s’agit plus de pères de famille esseulés qui s’expatrient à la recherche d’un travail dans les mines de charbon ou dans les usines de montage de voitures, comme cela a été le cas jusqu’au milieu des années 1970. Aujourd’hui, beaucoup de familles ont fait le choix de s’installer et de vivre en France en passant par la naturalisation ou le regroupement familial. À tel point qu’il serait plus correct de parler des Algériens de France que d’émigrés.
Cette diaspora qui ne conçoit son avenir que sous le ciel de l’Hexagone se refuse pourtant à couper le lien ombilical, et chaque été, hommes, femmes et enfants, toutes générations confondues, renouent avec leurs racines.
Sont-ils plus nombreux à avoir franchi la Méditerranée dans le sens du retour cette année ? Oui, affirment les uns. Non, récusent les autres. Pour en savoir un peu plus sans spéculer sur le nombre de matricules étrangers aperçus sur les routes, nous avons interrogé les chiffres fournis à notre demande par les services des douanes de Béjaïa. Durant la saison estivale de l’année 2005, 61 412 personnes ont transité par le port et l’aéroport de la ville.
Au total, 22 car-ferries ont accosté au port et 331 aéronefs ont atterri sur le tarmac de l’aéroport Soummam Abane-Ramdane. Le nombre des véhicules qui sont rentrés dans le ventre des car-ferries s’élève, quant à lui, à 5 496. Pour cette année 2006, les chiffres, jusqu’au 12 août seulement, sont de 56 764 personnes pour 4 449 véhicules avec au total 21 car-ferries et 299 aéronefs.
Les chiffres sont donc sensiblement les mêmes si l’on excepte le fait que, toujours selon les services des douanes, le mouvement des bateaux et des avions s’est accru durant les dernières semaines du mois d’août. On peut donc estimer que cette année, les “émigrés” ont été plus nombreux mais que, bon an mal an, entre 60 000 et 70 000 personnes transitent par le port et l’aéroport de Béjaïa. Toujours selon les statistiques des douanes, c’est au mois de juillet que se situe traditionnellement le pic des arrivées.
Les premières conséquences de ce retour massif se sont fait connaître dès les premiers jours de juillet avec une chute remarquée du cours de l’euro sur le marché parallèle et une flambée des prix des fruits, des légumes et des viandes, étant donné que la première chose que fait l’émigré en arrivant chez lui, c’est de changer une poignée d’euros contre un bon paquet de dinars.Côté véhicules, même si certains émigrés préfèrent louer une voiture une fois arrivés au pays, comme nous le confirme le gérant d’une boîte de location à Béjaïa, la plupart ramènent leurs propres voitures. Le prix de location d’une voiture varie de 1 500 à 3 000 DA/jour selon le modèle choisi. Quand on ramène une voiture de France, c’est le transit qui coûte le plus cher mais on se rattrape largement sur l’essence. À zéro euro virgule quelques misérables centimes le litre, l’émigré a l’impression de mettre de l’eau dans son réservoir par rapport au prix de l’essence en France. Il peut, par conséquent, faire deux ou trois fois le tour d’Algérie pour le pris d’un Paris-Marseille.
L’autre tendance lourde qui se dégage cette année mais que ne fournissent pas les statistiques, même si cela est aisément observable, c’est le changement qui s’est opéré dans le flux des marchandises. Les anciens émigrés arrivaient les valises pleines à craquer de vêtements et de babioles de toutes sortes et repartaient avec une corbeille de figues fraîches, un bidon d’huile d’olive et la baraka des anciens du village. Les nouveaux débarquent avec quelques gadgets, comme les appareils photo ou les caméscopes numériques et repartent avec des malles bourrées d’électroménager, de vêtements chinois et de CD Taïwan, achetés dans l’un de ces marchés “Dubaï” dont l’Algérien a le secret. La dernière mode de consommation des émigrés est de renouveler la garde-robe des grands et des petits, car c’est tellement moins cher ici.
Rachida, qui s’est installée avec mari et enfants dans la banlieue parisienne il y a six ans, revient chaque année en Kabylie. Avec un double objectif. Revoir sa famille et, fait aussi étonnant que nouveau, faire son marché. Vaisselle, habillement, chaussures, tapis, rideaux, tout est disponible et surtout meilleur marché ici.
Avec un taux de change qui tourne autour de 95 DA pour un seul malheureux euro, il y a de quoi remplir ses valises sans se ruiner. Rachida achète de tout y compris des condiments comme le paprika de chez nous. Question de coût mais aussi de goût.






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