Algérie - Chiffres


Baisse de l’activité industrielle, L’entreprise algérienne mise à rude épreuve

L’Algérie a enregistré, durant le premier trimestre 2006, une baisse de l’activité industrielle, tant pour le secteur public que pour le secteur privé. C’est ce que révèle une enquête d’opinion réalisée auprès des chefs d’entreprises industrielles par l’Office national des statistiques (ONS).

L’enquête, qui porte sur le type et le rythme de l’activité industrielle, révèle une faible utilisation des capacités par rapport à celles installées. Pour le privé, 67 % du potentiel de production installé ont utilisé leurs capacités de production à moins de 75%, alors que 28 % de ce même potentiel n’ont utilisé leurs capacités de production qu’à moins de 50 %. Dans le secteur public, le taux d’utilisation des capacités de production n’a pas dépassé les 75%. Même si cette baisse est pour le moment conjoncturelle, elle devrait normalement attirer l’attention des autorités en charge du secteur, en ce sens que le contexte économique actuel, soutenu par les différents programmes d’aide à la relance économique, devrait logiquement jouer en faveur d’une progression de l’activité industrielle. Sollicité pour de plus amples explications, le responsable de la communication du ministère de tutelle, à savoir le ministère de l’Industrie, a tout simplement considéré qu’« il n’y pas de commentaires à faire ». Pourtant, la question est là : pourquoi les entreprises du secteur ne tirent pas profit de l’important effort d’investissement entrepris par l’Etat ? Aux yeux de certains experts, cette situation reflète une réalité tout à fait défavorable au développement industriel. Selon Rédha Amrani, expert en économie, « il fallait s’attendre à une telle situation » car l’Algérie ne bénéficie toujours pas d’une « vision claire en matière de politique industrielle ». Prenant l’exemple des secteurs du bâtiment et de la mécanique, l’expert affirme que le contexte actuel caractérisé par le lancement de plusieurs projets de grande envergure « n’a pas contribué à booster les entreprises nationales privées et publiques évoluant dans ce secteur », bien qu’elles présentent « des capacités concurrentielles sur le plan qualité-prix ». C’est le cas de la SNVI qui, à ses dires, est peu sollicitée « malgré sa production disponible et performante ». Contacté, le PDG de la SNVI, M. Chaboub, a indiqué qu’effectivement l’entreprise a enregistré « un creux de vague » durant le premier trimestre, mais les raisons sont d’une autre nature. Selon lui, « une baisse de l’activité industrielle est habituellement enregistrée chaque année, parce que les approvisionnements ne parviennent qu’à partir du deuxième trimestre où l’entreprise reprend son rythme de production habituel ». Le même responsable avoue cependant qu’une certaine concurrence est à constater sur certains produits, notamment dans la gamme des bus et des cars. Pour le président du Forum des chefs d’entreprise, Omar Ramdane, le recul de la production industrielle peut être expliqué par le fait que le marché algérien est aujourd’hui « trop ouvert » et les grands projets d’infrastructures en cours de réalisation sont souvent attribués à des entreprises étrangères qui « ne sous-traitent pas avec les sociétés nationales » et recourent à « l’importation des produits industriels étrangers ». Tout en soutenant que le pays connaît actuellement une « désindustrialisation », le même responsable affirme que les banques, de leur côté, ne jouent pas le jeu et n’accordent pas assez de crédits à l’investissement. Le délégué général de l’Association des banques et des établissements financiers (ABEF), Abderrahmane Benkhalfa, pense, quant à lui, qu’il y a effectivement un besoin d’améliorer l’activité des crédits à l’investissements « qui nécessitent une certaine précaution », mais les industriels sont appelés pour leur part à « engager une mise à niveau de leurs entreprises ». Le président de la Confédération algérienne du patronat, M. Merrakèche, pense que les statistiques ne peuvent pas à elles seules refléter avec exactitude la situation industrielle du pays et soutient que si les réformes actuelles sont appliquées, il pourrait y avoir de bons résultats d’ici trois ans.

 






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