ASSIA DJEBAR, UNE EXISTENCE SURABONDANTE DANS LE COEUR



ASSIA DJEBAR, UNE EXISTENCE SURABONDANTE DANS LE COEUR

[…] Tantôt notre présent nous paraît sublime (héroïsme de la guerre
de libération) et le passé devient celui de la déchéance (nuit coloniale),
tantôt le présent à son tour apparaît misérable (nos insuffisances,
nos incertitudes) et notre passé plus solide (chaîne des ancêtres,
cordon ombilical de la mémoire). Par ce tangage incessant, et parce que
nous faisons constamment le grand écart entre le passé paralysé dans
le présent et le présent accoucheur d’avenir, nous, Africains, Arabes
et sans doute d’ailleurs, nous marchons en boitant quand nous croyons
danser, et vice versa.
C’est pourquoi nous nous demandons parfois si nous avançons.
Je ne prétends pour ma part avancer qu’en écrivant.

Assia Djebar, 1er octobre 1967
Les Alouettes naïves.
Cette présentation a été publiée
dans Jeune Afrique (octobre 1967)
quelques jours avant la parution
de l’édition originale, à Paris.







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