Algérie - Revue de Presse


Artifices

Contrairement à ce que l?on peut croire, le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia a entre les mains toutes les cartes (ou presque) pour réaménager le projet de loi de finances pour 2005 au « goût » de la globalisation et des exigences de l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais le fera-t-il ? Les « altérations » apportées au texte du gouvernement par les députés de la chambre basse peuvent être en effet expurgées au niveau du Sénat où le RND de Ouyahia est majoritaire. Les artifices juridiques existent pour traiter, et d?ailleurs avec la célérité voulue, ce genre de situation incompatible avec les orientations économiques d?un gouvernement ou avec les engagements internationaux du pays. Pour ce faire, Ahmed Ouyahia aura surtout besoin du soutien du président de la République pour obtenir le rejet du texte de loi de finances par le Sénat et la reconsidération des amendements « indésirables » par une commission paritaire. Dans ce cas de figure, l?APN devra réexaminer le projet du gouvernement en seconde lecture. Et l?on verrait mal, à ce stade des choses, comment les députés puissent prendre sur eux la responsabilité de créer une crise gouvernementale inutilement. Cela pour dire que le chef du gouvernement a toute la latitude légale de redresser la situation en fonction de ses options économiques et sociales. Même si, dans le fond, selon certains analystes, les députés n?ont pas touché à l?essentiel du projet, tel que l?indexation du baril de pétrole à 19 dollars US, alors qu?il a dépassé les 50 dollars US sur les marchés internationaux, ou les dotations budgétaires de certains secteurs, tels que le ministère des Anciens moudjahidine et le ministère des Affaires religieuses, jugées excessives.La coalition gouvernementale a été encore une fois mise à rude épreuve à l?APN, pourtant largement dominée par les partis de l?Alliance présidentielle. Une aberration qui s?explique par les turbulences que connaît le parti majoritaire, le FLN. Sans consignes du parti, les députés FLN étaient livrés à eux-mêmes et, bien sûr, se sont exprimés selon leurs convictions personnelles. Conséquence : la tendance islamiste s?est nettement affirmée comme étant un courant majoritaire au sein de l?Assemblée. C?est là un sérieux sujet d?inquiétude.
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