Amhis Djoher Ouksel, « Se réapproprier notre histoire littéraire »



La librairie du Tiers-Monde a invité Djoher Amhis Ouksel pour présenter jeudi son dernier essai, Dar Sbitar, lecture de La Grande maison, consacré à l’écrivain Mohammed Dib.

S’inscrivant dans ce travail de rappropriation dont son mari est l’un des initiateurs, Mme Amhis veut faire connaître à la nouvelle génération des auteurs longtemps méconnus. Elle a consacré ainsi deux essais aux deux icônes du roman maghrébin. Après un premier essai, Taassast, consacré à Mouloud Mammeri, la voilà qu’elle récidive une année après avec ce « faux opuscule », comme l’appellera Belgacem Aït Ouyahia. Mohammed Dib, l’autre géant de la littérature algérienne, rejoint, peut-on lire dans cet essai, cette lignée des écrivains qui s’inscrivent dans l’histoire de leur pays. Les jeunes lecteurs y trouveront bien ce qui les tiendra en haleine. L’approche est tout autre dans ce travail. Le monde « hurleur » de Omar et de Aïni retrouvera une autre consistance sous la plume pédagogue de Mme Amhis Djoher. Rachid Mokhtari fera remarquer que l’école fondamentale n’avait guère facilité l’accès aux œuvres écrites par la génération des premiers écrivains, sauf celles produites par Mohammed Dib. « Par ces essais, je veux montrer qu’on a un passé et qu’il ne faut pas se ménager pour le montrer aux générations actuelles. L’oubli dans lequel ont été confinés ces précurseurs m’y a grandement incité aussi. » Les méthodes utilisées dans les deux essais sont, tout compte fait, similaires bien que dans Taassast une certaine subjectivité y est plus perceptible, indique M. Mokhtari. Le procédé est tout retrouvé : la pédagogue écrit en procédant chapitre par chapitre. Une foultitude de textes et de références bibliographiques conclut chacun de ses deux essais. Inspectrice d’enseignement, Djoher Amhis reviendra dans la rencontre sur l’intérêt de la lecture. Les jeunes, s’efforçant de trouver d’autres occupations, doivent, à l’entendre, s’y intéresser davantage avec le concours de leurs enseignants. Lesquels doivent eux-mêmes s’en imprégner. Elle indiquera qu’une bibliothèque intégrée dans chaque classe est plus que nécessaire pour faire rapprocher cet objet de l’apprenant. Sera-t-elle suivie ? Pas si sûr. S’agissant de ses initiative pratiques, l’auteur fera remarquer qu’elle a mis sur pied un atelier de lecture dans le centre culturel d’El Biar avant qu’il connaisse un arrêt. La bureaucratie en a voulu ainsi, atteste la conférencière. La rencontre n’a pas manqué de moments croustillants. Le jovial Belkacem Aït Ouyahia, qui vient de faire paraître aux éditions Casbah l’Afrasienne, un ouvrage où le fantasque se mêle au lubrique, ne s’est pas départi de son bagout habituel. Il se fera un malin plaisir de rebondir, mot qui ne lui agrée nullement, sur la thématique de l’amour dans l’œuvre de Mouloud Mammeri. Toujours aussi résolu, Ali Bey était aux petits soins avec les présents. Il ambitionne de redonner un nouveau souffle à cet établissement. Les rencontres connaissent, en dépit d’une certaine désaffection des jeunes, un succès certain. La journaliste italienne Sgrena Guilliana sera l’invitée de la rencontre de jeudi prochain. Elle parlera de son livre-témoignage paru aux éditions Casbah. Les projets, la conférencière en a plusieurs. Elle s’attelle ainsi à terminer un essai sur Le Grain dans la meule, ouvrage de Malek Ouary, écrivain mort dans l’indifférence, il y a trois ans.






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