Algérie - Benbitour appelle l’armée à remettre le pouvoir au peuple: «Une période de transition est nécessaire»



Algérie - Benbitour appelle l’armée à remettre le pouvoir au peuple: «Une période de transition est nécessaire»


Pour l’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, maintenir le scrutin du 4 juillet dans les conditions actuelles conduira le pays vers la catastrophe. Il demande à l’armée de remettre le pouvoir au peuple.

Karim Aimeur - Alger (Le Soir) -

Invité à une émission politique de la Radio nationale Chaîne 3, M. Benbitour a soutenu que le pays a besoin d’une période de transition pour préparer les conditions des élections et sortir de la crise de manière ordonnée.

«La période de transition est nécessaire pour sortir de la crise. Si on reste dans l’élection présidentielle du 4 juillet, nous irons vers la catastrophe», a-t-il averti, mettant en garde contre une éventuelle violence si le pouvoir poursuit son entêtement à se maintenir.

Selon lui, le mouvement populaire du 22 février a établi un nouveau rapport de force en faveur du peuple qui réclame le changement du système politique et «il serait grave» de penser inverser ce rapport de force avec la violence.

Ahmed Benbitour trouve que les craintes de la militarisation de la vie publique, du reste exprimées lors des marches de vendredi, sont justifiées.

Il a rappelé que depuis l’indépendance, c’est l’institution militaire qui a toujours désigné les présidents du pays. Et si le rendez-vous du 4 juillet est maintenu, les Algériens auront, à ses yeux, un Président désigné et non pas élu.

«Si on poursuit le processus pour le 4 juillet, on sera dans le cinquième mandat mais sans le candidat habituel», a-t-il dit, exprimant son souhait que l’Algérie organise cette fois une élection et non une désignation.

Et d’appeler l’armée à remettre le pouvoir au peuple algérien et lui permettre d’élire, pour la première fois, son Président.

L’invité de la Chaîne 3 a critiqué l’attachement de l’armée à la solution constitutionnelle et à l’application intégrale de l’article 102. Il observe que seul l’article 102 est pour le moment appliqué alors que les articles 7 et 8 sont écartés. Et pourtant ! Benbitour n’a pas manqué de rappeler que cette même Constitution a été plusieurs fois violée pour permettre à Bouteflika de rester au pouvoir.

Il a cité notamment la révision de 2008 qui a supprimé la limitation des mandats présidentiels à deux et la validation de sa candidature pour le quatrième mandat dans l’état de santé que tout le monde sait. Mieux, même le cinquième mandat allait être validé n’était la mobilisation sans précédent du peuple, a-t-il soutenu.

L’ancien chef de gouvernement a appelé l’armée à s’inspirer des expériences des transitions douces dans le monde, notamment le cas portugais.

Appelant Abdelkader Bensalah à assumer sa responsabilité en tant que chef de l’Etat et responsable de la Défense nationale, Benbitour estime que ce n’est pas le dialogue qui est nécessaire avec le système, mais les négociations pour organiser son départ. Se disant prêt à aider, de par son expertise, à élaborer une feuille de route de transition, il a affirmé qu’il n’était pas intéressé de faire partie d’une instance de transition.

Interrogé sur l’incarcération de Louisa Hanoune, chef du PT, l’ancien chef de gouvernement a refusé de commenter ou de réagir, sous prétexte que seul le juge et ses avocats peuvent en parler.


K. A.




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