Alger - 05- La période Ottomane


ALGER

Implantée comme un joyau dans son rocher en forme de triangle, Alger accrochait le regard et surprenait les sens. Elle dégageait d’irrésistibles parfums antiques. Pour un étranger, la cité apparaissait comme un mystère berbère «Orientalisé» ses origines, antérieures étaient le début de la création même, plus loin encore que l’Antiquité au point où personne ne savait plus comment s’appelait la cité.
   Puis vint Eikosi, Icosuim, dzaïr, qui disparaissait aussitôt née, happée par les bouleversements des invasions. Plus tard, l’antique cité renaîtra sous les traits d’El-Djazaîr (les îlots) modelée par les Béni-Mezrana, une petite peuplade berbère de la tribu des Sanhadja au Xe siècle de notre ère.
  Au fils, des ans, d’un simple comptoir phénicien, les circonstances allaient faire de cette ville maritime le siège d’une puissance militaire qui deviendra la terreur des nations civilisées. La ville doit sa spécificité à la composition cosmopolite de sa population. Constituée essentiellement de kabyles qui viennent y gagner leur vie, auxquels se joignaient les gens du Mzab, petits négoces, ouvriers et corps auxiliaires de Zouaoua, puis les Musulmans d’Espagne, les Mudéjares d’Andalousie et les Tagarins d’Aragon, mais aussi de Valence et de Catalogne qui avaient fui les troupes de Ferdinand II et Isabelle I, tous deux souverains de Castille lors de la Reconquista (reconquête) en 1492.
  Ces fugitifs appelés par les Algérois les Maures étaient venus s’installer à Alger en exerçant les métiers de charpentiers, armuriers, potiers, tailleurs, tisserands et éleveurs de ver à soie.
  Les juifs étaient arrivés aux côtes berbères vers la fin du XVI, fuyants à leur tour les persécutions (l’inquisition) espagnoles. Le corsaire Kheîr-ed-Dine les autorisa à s’installer dans la vieille cité en limitant toutefois leurs activités et en leur imposant un costume spécifique afin de les distinguer et qu’ils ne puissent pas échapper aux amendes et taxes.
  Puis, vint le patronat des corsaires grecques et turcs, initié par les frères Barberousse, Kheîr ed-Dine et Arrudj qui répondirent à l’appel au secours du sultan d’Alger pour chasser les Espagnols installés au Penon, à l’entrée du port d’Alger en 1515. Arrudj investit la cité et soumit l’arrière-pays, quant à son frère Kheîr ed-Dine, il lui succéda sur les côtes nord-africaines, chassa les Espagnols du Penon et fit fortifier la ville par des captifs chrétiens.  Enfin, les janissaires appelés l’odjak milices recrutées parmi des aventuriers et renégats turcs et anatoliens formaient avec les berbères, les Arabes, puis les Européens soucieux de faire fortune, les habitants des îlots El-Djazaîr. La cité devenue turque s’était fortifiée grâce à ses corsaires qui écumaient les mers. Leurs expéditions méritoires en rapportaient une opulence au nom du sultan de Constantinople. Ainsi Alger imposait son diktat soutenu par la taifa des raïs qui s’attaquaient aux navires marchands en Méditerranée, en mer du Nord et jusqu’à l’Atlantique, ramenant richesses et prisonniers chrétiens qu’ils vendaient comme esclaves.  Après 1783, les pirates barbaresques s’attaquèrent aux navires marchands des Etats-Unis qui à l’exemple des nations européennes, ils signèrent plusieurs traités avec les Etats barbaresques, obtenant contre paiement l’immunité pour leur flotte. Cette domination irrita ces nations européennes, d’où les nombreuses expéditions et raids punitifs, français, espagnol, anglais ou hollandais contre Alger, sans aucun résultat. Ces derniers réunis au Congrès d’Aix-la-Chapelle qui se tint du 29 septembre au 21 novembre 1819 envoyèrent une escadre franco-anglaise sommant le dey d’Alger de mettre un terme aux actes de piraterie qu’il couvrait. Le dey n’en fera rien, certain de la toute-puissance des corsaires, maîtres des mers. Il donna prétexte aux nations occidentales de bombarder la ville plusieurs fois, mais en vain. La France, elle échafaudait d’autres plans, d’autant plus que ses relations avec le dey étaient envenimées pour cause de non-paiement de cette dernière de la somme de 7 millions relatifs à une transaction de livraisons de céréales faites sous le Consulat et l’empire. C’est au cours d’une entrevue avec le consul de France, Duval venu présenter ses hommages au dey lors de la traditionnelle fête du Baïram, que celui-ci frappa de son éventail (1827) toucha le mot est plus approprié, fournissant ainsi à la France, le prétexte qu’elle recherchait pour son intervention militaire.
 Alger fut prise en 1830.






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Numéro commentaire : 1034
Ville : Paris
Date : 19/03/2008
Message : je recommande de lire J-A Peysonnel " Voyage dans les régences d'Alger et de Tunis" (1724) qui raconte notamment la condition des maures, kabyles, juifs , chrétiens sous les Turcs! En 3 siècles de présence, qu'on apporté les Turcs au peuple Algérien?? Rien, 3 siècles de rançonage !