Alger - Chaâbi


Alger, TNA. Clôture du festival national de la chanson chaâbi



Sur les 37 candidats s’étant produits devant un jury composé de personnalités musicales de renom, et dont le président n’est autre qu’un El Ankis des grands jours, seuls 10 ont été primés.

Celui qui a remporté haut la main la première place est Charf Mohamed Réda d’Alger. Nullement affecté, ce jeune de 35 ans, dont l’influence d’un père violoniste est réelle , nous assurera qu’il ne s’est retrouvé là que grâce à un ami, fils d’un artiste connu sur la place d’Alger, qui l’a inscrit sans le prévenir. Ne possédant pas un répertoire qui lui est propre, Charf, ébéniste chevronné, affirmera qu’il a fréquenté, dès l’âge de 16 ans, les grandes figures de la musique chaâbi dans sa commune de Birkhadem. Salou ala tayeb Ledhkar fut la chanson qu’il a interprétée durant la journée du vendredi. Les chanteurs algérois semblent, à se fier aux résultats de la finale retransmise sur les ondes de radio El Bahdja, céder le pas devant de jeunes virtuoses venus des autres wilayas du pays. Ainsi, le deuxième prix est revenu à Amine Hawki de Mostaganem, le troisième à Kamel Osmane d’Alger, le quatrième à Khira Baghri d’Alger et Sid Ali Bengargoura de Blida, tandis que la cinquième distinction à été décernée à Mahieddine Amamra de Annaba. Par ailleurs, Kheroubi Abdellah de Mostaganem a reçu de la main de M. Bouchama, coordinateur du Comité exécutif de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe 2007 », le prix spécial du jury. Cinq autres candidats se sont vu attribuer des lots de livres qui contiennent, assure-t-on, des textes originaux de grands noms de la chanson chaâbi. Ainsi, les chanteurs peuvent, en s’y abreuvant, se perfectionner. De plus, chacun des sept membres du jury, tous grands connaisseurs de la chanson chaâbi, a reçu une distinction pour son travail accompli. Bon pied bon œil, M. Bendamache, commissaire de la manifestation, dira que les 37 candidats qui se sont relayés sur les planches du TNA durant ces neuf jours n’ont pas démérité. A l’entendre, chacun peut, après ces neuf jours de compétition, faire sans anicroche sa carrière de chanteur professionnel. Présente aux côtés du gotha artistique d’Alger, la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, toujours aussi ingénieuse, a su surfer sur les émotions des nombreux présents en félicitant les chanteurs, qui participent à travers leur travail à la préservation de ce corpus culturel. La ministre dira que le Festival du chaâbi pourra dépasser, dans sa prochaine édition, les frontières nationales et embrasser les cultures musicales des voisins maghrébins. Sous les youyous et les ovations du public, visiblement piqué à vif, Mme Toumi ne manquera pas de lancer un clin d’œil à Amar Ezzahi, dont elle rappellera l’aversion qu’il a des plateaux et des sunlights. Elle rendra aussi un fervent hommage à ceux qui continuent de perpétuer la chanson chaâbi, comme cheikh Boudjemaâ El Ankis et les autres musiciens qui se sont fait fort de donner ces lettres de noblesse à cet art. Les lauréats qui ont reçu pour les cinq premiers des sommes (250 000 da pour le premier) feront, atteste Mme Toumi, durant le mois de mai 2007 une tournée nationale à l’occasion de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe ». Yassine Ouabad, barde aimé des algérois, déclamera des complaintes où la ville des Beni Mezghenna retrouvera un halo que ne reconnaîtront que les nostalgiques enthousiastes d’un temps à jamais révolu. Entamé en février dernier, la compétition est allée cahin caha. La première édition du festival national de la chanson chaâbi verra la participation de quelque 520 candidats, lesquels se sont surpassés durant les éliminatoires qui se sont déroulées aux quatre coins de l’Algérie.






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