Alger - Théâtre


Alger, Théâtre, L’humour sur fond de politique



Le théâtre national a abrité hier la générale de la pièce Alamat Istifham (Point d’interrogation).

Produite par la compagnie indépendante Masrah Mohamed Al Yazid, la pièce, écrite par Imad El-Djazaïri et mise en scène par Hammadi, se veut une critique regorgeant d’humour et de subtilités, de l’état actuel du monde arabe.
C’est l’histoire de trois frères dont chacun est souverain d’un royaume. Trois frères liés par le sang, mais point unis. Ils sont en désaccord. Ils font semblant de s’entendre et une fois seuls, ils commencent à se critiquer, à se rejeter les responsabilités et à se trouver des sobriquets.
Ces trois rois sont confrontés à un seul et même ennemi, leur voisin, un adversaire en face duquel ils affichent et ce, devant leurs sujets et l’opinion internationale, une attitude réactionnaire. Officiellement, ils le critiquent, mais en secret, ils affichent à son égard une grande amitié, une amitié qui se révèle fort obséquieuse.
Alors qu’ils le critiquent, condamnent sa politique expansionniste et s’indignent devant son agression contre d’autres royaumes, les trois souverains n’hésitent pas à aller passer leurs vacances dans ce pays qu’ils considèrent impérial.
En fait, la pièce qui traite d’un sujet d’une brûlante actualité et qui nous pousse à plus d’un titre à la réflexion, fait allusion à la passivité des gouvernants arabes devant l’occupation américaine de l’Irak et l’agression israélienne contre le Liban et la Palestine. Des gouvernants qui, de vive voix, expriment leur indignation et leur rejet, mais loin des médias et des déclarations officielles, ils entretiennent des rapports contraires à leurs dires. La pièce s’ouvre sur un cimetière où se dresse un mémorial (situation symbolique) à la mémoire des martyrs qui ont scarifié leur vie et donné leur sang pour que, plus tard, les trois frères jouissent d’une souveraineté absolue. Ce sacrifice s’est avéré vain. Car les trois souverains ne pensant qu’à leur propre intérêt (comment se maintenir au pouvoir et préserver sa longévité), dénient toute responsabilité et tout devoir envers le citoyen. La pièce se veut une comédie mais engagée politiquement. La pièce, qui sera jouée aujourd’hui et demain à 19h, est interprétée en arabe classique, mais cela n’a pas eu de répercussion sur la réception du message par le public, puisque le langage a été allégé de sorte que l’assistance, quel que soit son niveau d’instruction, puisse le comprendre aisément. Ainsi, la langue ne présentera aucune difficulté puisque cela est amorti par les jeux des comédiens : le rire était au rendez-vous.




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