Alger, Sila-Café littéraire avec Edmonde Charles Roux, Isabelle Eberhardt, son œuvre, sa vie...



Si l’année dernière Edmonde Charles Roux n’a pu être présente au Salon international du livre, alors qu’elle était programmée, l’édition 2007 l’a comptée parmi ses invités.

La conférence qui a duré deux heures a permis au modérateur Antoine Boussin, qui travaille pour le compte de la maison Grasset, de diligenter, de main de maître, la rencontre. Une rencontre placée sous le signe de la mémoire et du souvenir. Spécialiste de la question Eberhardtienne, Edmonde Charles Roux a d’abord tenu à revenir sur son riche parcours littéraire. Elle est originaire du midi de la France. Elle a vécu sa petite enfance à Prague où son père était promu ministre de France. Rome est la deuxième capitale européenne où se poursuit ses études. Son père avait été nommé ambassadeur auprès du Saint-Siège. La mission de celui-ci est interrompue par la guerre de 1939, lorsqu’il fût appelé à diriger le secrétariat général des Affaires étrangères. Quand éclata la guerre de 1939, l’écrivaine préparait un diplôme d’infirmière, à l’issue duquel elle fût affectée dans un corps d’ambulancières. Desservant dans une ambiance lourde dans le secteur de Verdum, elle est blessée en 1940 lors d’une bombardement. Elle est une seconde fois blessée lors de l’entrée de la première armée française en Autriche. Après avoir retrouvé la vie civile, elle entre à la rédaction d’un journal en voie de création, Elle, où elle y passe deux ans. Puis, elle occupe le poste de rédactrice en chef du journal Vogue pendant 16 ans. Edmonde est l’auteure de nombreux scripts originaux pour les ballets de Roland Petit et d’adaptations d’œuvres littéraires. Ses œuvres sont traduites en dix-sept langues. En 1983, elle fût élue membre de l’académie Goncourt. sur un ton affectif, Edmonde Charles Roux reconnaît que son mari Gaston Défèvre l’a séduite par ses idées proches du socialisme. « Ce qui m’a plu chez mon mari, c’est son contact avec l’Algérie et sa vison des choses. C’était une communion de la pensée méditerranéenne », dit-elle. Edmonde Charles Roux est l’auteure de deux célèbres volumineux ouvrages sur Isabelle Eberhardt intitulés : Isabelle du désert, un désir d’Orient nomade et Nomade, j’étais. A l’origine, dit-elle, de toute biographie, il y a une connaissance. A travers une recherche minutieuse aux Archives de France, l’auteure a mis six ans pour l’écriture de chaque livre. « Le métier d’écrivain est le plus égoïste des métiers », lance-t-elle. Edmonde Charles Roux a tenu à réaliser une biographie sur Isabelle car beaucoup de mal a été dit sur elle, comme notamment qu’elle était une espionne. Pour ceux qui ne situent pas le personnage, Isabelle Eberhardt est née à Genève en 1877. La naissance d’Isabelle a donné lieu à de multiples spéculations car sa mère, étant veuve d’un général, a donné naissance à un enfant. Elle est élevée par un précepteur qui lui enseignera toutes les matières et certaines langues. Amoureuse de l’étude, Isabelle remplit ses cahiers de notes d’histoires et de littérature. A 20 ans, elle quitte Genève pour Bône, dans l’Est constantinois. La religion musulmane va l’imprégner totalement. Pendant une grande partie de son existence, elle mène une vie de nomade, vêtue d’un costume d’homme. elle peut alors entrer dans tous les endroits où les femmes ne sont pas admises, chose qui facilitera son travail de journaliste. Cet habit éveille la suspicion de certains colons qui se mettent à la surveiller. Elle rencontre à El Oued-Slimane, qui deviendra son mari. Elle a à son actif un grand nombre de nouvelles, un roman inachevé, des articles de voyages et sa correspondance qu’elle considérait comme une partie de sa vie : le désert. Le 2 octobre 1904, elle trouve la mort lors d’une inondation à Aïn Sefra, alors qu’elle a peine 27 ans. Pour Edmonde Charles Roux, Isabelle était spirituelle et drôle à la fois. La vie du désert l’a usée avec une séduction indéniable, son livre posthume, publié deux ans après sa mort, a été le premier élément d’une construction formelle.A la question de savoir si elle est réellement la fille de Rimbaud, l’intervenante affirme que cela est sans fondement. « Isabelle était une femme qui a su s’imposer. Ses temps forts qu’elle a vécus doivent faire partie de notre mémoire. Elle a été torturée par les français pour les simples opinions qu’elle avait. On disait d’elle qu’elle était espionne, alors que les officiers dits d’affaires indigènes suffisaient pour cette tâche. » En guise de conclusion, l’intervenante a révélé qu’Isabelle Eberhardt faisait partie de sa vie depuis sa plus tendre enfance : « on parlait beaucoup d’elle à table. Mon frère se déguisait même en Isabelle. Comment ne pas entreprendre sa biographie lorsqu’on a été bercé par son histoire dès son jeune âge ? » Isabelle Eberhardt est un nom fortement ancré dans certaines mémoires, notamment dans celle de la population de Aïn Sefra où une association active pour la préservation de sa mémoire.






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