Alger, Récital andalou au Palais de la culture, Beheidja Rahal charme son public



L’interprète « zyriabienne » Beheidja Rahal semble installer une tradition pour la promotion de ses produits sortis des studios d’enregistrement. Un coup de marketing qui rentre dans sa stratégie de communication. Et c’est de bonne guerre dans la mesure où l’initiative vise à faire connaître son « dernier-né » au public album.

Après l’enregistrement d’une première série des douze noubate, l’interprète revient cette fois-ci pour nous proposer une autre série de noubate entamée depuis 2004 avec des textes différents. L’espace de deux heures non-stop, l’enfant de la çana’a a, une nouvelle fois, envoûté son public venu très nombreux. Dire que l’interprète réussit à chacune de ses prestations de faire grimper son audimat. Vêtue d’un costume traditionnel (serouel el maqqa’da plissé et karakou couleur saumon, rehaussé de broderie doré), la chanteuse donne le la avec un istikhbar, dont la partie vocale entraînera les présents dans un voyage mélodieux et une atmosphère idyllique que résume le poème, intitulé Alâ hel lana min badie el tafarouk. Une œuvre empruntée de la princesse et poétesse andalouse Wilâda bint el moustakfi, destinée à son amoureux Ibn Zeydoun dans le Cordoue du XIe siècle. « Le choix de ce texte n’est pas fortuit, sinon à introduire une pièce pour mettre en évidence la poésie féminine », tenait à relever Beheidja Rahal lors de la conférence animée à la bibliothèque du Palais de la culture, une semaine avant le récital. Elle déroulera les textes de la nouba zidane dans les mouvements principaux, excepté le morceau Tahia biqoûm bi ayi ardhin tanzilounâ bihâ dans le mçedar qu’elle réservera, dit-elle, aux mélomanes dans son album qui sera dans les bacs après le Ramadhan. Accompagnée d’un orchestre composé de neuf instrumentistes, la chanteuse andalouse déclame, tout en grattant sa kuitra, des strophes qui illustrent la richesse du patrimoine légué par les poètes du Maghreb réputés pour leur don d’ourler le verbe en poèmes raffinés, à l’image du poète Mohamed Bensahla. Lache ya aâddab el qouloub, El lawze fateh, Ama tatâki Allah, Ma Ahssan el fordja, Qoûm ya nadim, Selli Houmoumek fi hadhî el âchiya, Chaâlate nâr, nâr qouiya... constituent le florilège d’un répertoire d’une nouba, dont les envolées lyriques laissent progressivement flotter dans les airs un doux bercement. Elle clôt la première partie avant de réussir — contrairement à sa prestation de l’année dernière — le passage dans les genres aâroubi et hawzi. Avec sa voix cristalline, la cantatrice revisite les complaintes des trouvères évoquant les maisons de l’Andalousie. Des textes qui exaltent les sentiments avec « Ah ya assâfi âla ma madhâ (…), ah ya assâfi âla zaman inqâdhâ (…), ah ya assâfi âla forqat dîyâr el andalous », sont des clins d’œil d’une époque faste. « Aâqli bi haouak madhâ (…) Madhâ bi haouak djaralî » est un morceau entonné sous forme d’une sérénade amoureuse qu’elle exécute dans un largo pathétique. Beheidja Rahal enchaîne avec d’autres pièces très appréciées, qui déclenchent une salve d’applaudissements dans la salle. Faisant montre d’endurance, l’interprète ne daigne clôturer la soirée que dans un beau final en égrenant un chapelet de medh autour du sceau des prophètes et d’une certaine sagesse de la vie.






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