Alger, Récit d’une captive, Embuscade à Bagdad



Témoignage n Dans son livre, Giuliana Sgrena raconte son enlèvement et sa captivité, mais aussi l'Irak déchiré.

Giuliana Sgrena, journaliste italienne, était, jeudi, l’invitée de la librairie du Tiers-Monde (Place Emir-Abdelkader).
Lors de cette rencontre initiée par les éditions Casbah, la journaliste a présenté son ouvrage intitulé Embuscade à Bagdad, dont la version française a été réalisée et publiée par Casbah-Edition.
Dans son livre, Giuliana Sgrena raconte son enlèvement en Irak, sa captivité, mais également la réalité sociale et politique de ce pays en proie au chaos.
«Pourquoi moi ?» s’est interrogée Giuliana Sgrena.
Elle ne sait vraiment pas les raisons de son enlèvement. Il se trouve toutefois qu’elle est convaincue, selon ce qu’elle a vécu, vu et entendu autour d’elle pendant sa captivité, que ses ravisseurs étaient motivés par des intentions politiques.
«Mon enlèvement serait politique, mais pas pour de l’argent parce qu’il y avait des revendications politiques», dit-elle avouant cependant que son gouvernement aurait versé une rançon pour sa libération. Elle insiste, par ailleurs, que ses ravisseurs étaient des résistants et non pas des terroristes contrairement à ce que l'on veut faire admettre à l’opinion internationale.
Giuliana Sgrena parle de l’Irak, un pays qui n’est pas parvenu à se relever à la suite de la chute de Saddam lors de l’invasion américaine. «L’Irak a changé, il n’est plus ce qu’il était au temps de l’ancien régime», dit-elle. «Il règne un climat d’insécurité et de suspicion, une situation tragique de plus en plus dégradante», poursuit-elle. Giuliana Sgrena pense que l’Irak ne se remettra pas de cette anarchie et ne parviendra pas à panser ses plaies, car il y a absence de formation politique et de mouvement d’opposition réel et fiable en mesure de réfléchir à la crise et de la régler. «La chute de Saddam a entraîné un vide politique, constitutionnel et juridique. Il n’y a pas de lois ni de justice protégeant les droits du citoyen et assurant sa sécurité», déclare-t-elle. «L’on ne peut d’ailleurs parler de droit de l’homme en Irak», dit-elle.
Giuliana Sgrena parle de l’Irak, mais surtout de ses gens, sa population civile qui, victime d’une tragédie politique et d’intentions idéologiques accentuées par des visées économiques (pétrole), souffre et qui vit dans une précarité à déplorer. «Pas d’eau ni d’électricité, une misère qui se fait sensiblement sentir de jour en jour», décrit-elle.
Giuliana Sgrena, qui a vécu son enlèvement non pas comme une victime mais comme un témoin, se range du côté de l’Irak, cet Irak qui souffre et qui se meurt, un Irak en proie au déchirement social, à la scission politique et au schisme aussi bien ethnique que religieux. Pour elle, l’armée américaine et les armées de la coalition doivent se retirer de l’Irak pour que celui-ci puisse avoir une chance de se reconstruire. Giuliana Sgrena envisage de retourner en Irak. «J’espère y retourner», confie-t-elle, ajoutant que cela «n’est pas un suicide».




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