Alger - Galeries d'art


Alger, exposition à la limite du fantastique

Les peintures que présente l’artiste se situent aux frontières du réel, au-delà de l’expression figurative et normative de la réalité.

Kamel Aoudjit expose à l’hôtel El-Aurassi. Ses peintures (sans titre) sont des représentations mentales. Inspirées en couleurs d’un onirisme conçu par une vie intérieure, elles mettent en scène un monde sibyllin et déroutant.
Les couleurs – pour la plupart virant vers des tons sombres avec en prédominance le noir – accentuent l’énigmatique du contenu et le fait revêtir d’un ésotérisme interrogatif.
Que peuvent-elles représenter ces peintures ? En fait, il n’y a pas d’interprétations précises des tableaux. Leur lecture est libre et dépourvue de toute norme. L’on peut approcher chacun selon une sensibilité et une manière d’entretenir avec les couleurs.
D’abord, les peintures que l’artiste présente adhèrent à une expression dite de l’abstrait. Ce sont des peintures qui n’entretiennent nul rapport avec la réalité. En fait, il y a une relation avec le monde extérieur mais d’une façon implicite, c’est-à-dire il est question d’un monde perçu par l’œil, mais transfiguré par les catégories mentales de l’artiste qui, constituant d’emblée une énergie créatrice, entrent en jeu et agissent sur le geste de l’artiste en lui édictant la conduite à tenir et le parcours à suivre. Les peintures que présente l’artiste se situent aux frontières du réel, au-delà de l’expression figurative et normative de la réalité. Elles sont la représentation d’une existence immatérielle n’ayant ni passé ni présent et point de référence au futur. C’est une existence intemporelle qui ne se conjugue donc pas.
Ensuite, le contenu de chacune de ces peintures est dénué de formes : point de tracés ni de raies. Un espace sans contour ni configuration qui s’offre au regard. Ce qui structure la spatialité picturale, ce sont bien les couleurs. Elles lui confèrent le ton, l’harmonie et même un certain équilibre esthétique. Ces peintures se présentent comme une jungle de couleurs où celles-ci constituent un milieu compact et broussailleux. Le regard peine à y pénétrer, il s’y fourvoie ; et le périple dans cet univers plein d’étrangeté s’avère singulièrement inouï.
L’on peut toutefois percevoir dans ce monde dédaléen une scène que l’œil peut percevoir, palper : un paysage naturel. Une forêt dans sa densité qui s’offre à notre regard. Une vision cependant métamorphosée, recréée, surélevant le mystère qui nimbe le tableau.
Ainsi, et pour finir, Kamel Aoudjit présente des peintures où se mêlent l’un à l’autre, et cela dans un élan vertigineux et littéralement démesuré, le fantastique et l’irréel. Ce sont, en effet, des peintures de l’irréel. Une expression surréaliste. Cette attitude extravagante permet de libérer les pulsions créatrices de l’artiste.



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