Alger, Café littéraire, Yasmina Khadra accuse le journal El Khabar



Audacieux et caustique. C’est le moins qu’on puisse dire de l’écrivain algérien Yasmina Khadra qui a fait salle archicomble, avant-hier, lors du Café littéraire organisé à la Safex à l’occasion du Salon international du livre d’Alger.

Conforté par l’exploit arraché par ses derniers romans Les sirènes de Bagdad et L’attentat, traduits en une vingtaine de langues, le romancier plante, d’ores et déjà, le décor : « Je ne cherche pas la gloire, je l’ai. » Interrogé sur la trame du roman L’attentat, Yasmina Khadra explique que son objectif consiste à démystifier le tabou d’Israël et frapper les Israéliens par leur propre arme. « Vous voulez que les jeunes Palestiniens ne se fassent pas exploser par des bombes ? Alors donnez-leur des blindés, des mitraillettes et des hélicoptères », ironise-t-il à la face d’Israël. Pour Yasmina Khadra, les attentats contre Israël ne peuvent s’appeler du terrorisme, contrairement à ceux vécus par l’Algérie. Le romancier n’a pas manqué de relever qu’il existe bien des Israéliens justes, loyaux et cherchant la paix avec les Arabes. Invité à s’exprimer sur la critique littéraire en Algérie, l’auteur des Hirondelles de Kaboul a usé d’un langage cru, voire accusateur à l’égard d’un journaliste du quotidien arabophone El Khabar qui disqualifie des romans sans même les avoir lus. Ce journaliste, indique Yasmina Khadra, a comparé l’écrivain algérien Anouar Benmalek, auteur de ô Maria, aux caricatures danoises et à la déclaration de Benoît XVI, attentatoires à l’Islam. « C’est un journaliste criminel en provoquant une hémorragie de l’écrivain. » Il trouve, également, inadmissible la censure par les autorités algériennes de l’écrivain Boualem Sansal. En outre, il déplore le fait qu’aucune chaîne de télévision nationale, notamment Canal Algérie, n’ait daigné l’inviter pour un débat alors que les chaînes françaises l’invitent régulièrement. Pour ses œuvres littéraires, Mohamed Moulessehoul affirme que sa méthode consiste à construire le roman, d’abord dans la tête. « L’attentat, je l’ai fait en deux mois et Les sirènes de Bagdad en trois mois », a-t-il révélé. Il avoue, aussi, que sa référence littéraire est Moussa Haddad. « Mais, ajoute-t-il, ça ne m’a pas empêché de lire Kateb Yacine que je considère comme une sommité. Toutefois, je n’ai jamais réussi à terminer la lecture de Nedjma ! » Yasmina Khadra affirme se diluer dans ses textes et ne pense même pas à la consécration. « Je prête mes mots à ceux qui ne peuvent pas s’exprimer », a-t-il dit. L’écrivain semble, par ailleurs, assumer pleinement son passé d’officier de l’ANP (commandant), tout en évitant de remuer le couteau dans la plaie. Il promet, toutefois, de consacrer un livre qui racontera tout son passé. Il est à signaler qu’une maison d’édition algérienne s’est engagée à traduire l’ensemble des œuvres de Yasmina Khadra en langue arabe.






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