Oran - Revue de Presse


AÏN TEMOUCHENT Le dessalement et le reste



L'eau sera-t-elle au centre des grands enjeux régionaux et internationaux dans les années à venir ? Constituera-t-elle une source de conflits que générera la concurrence accrue entre les grands ensembles mondiaux intéressés directement ou impliqués indirectement par ces grands enjeux ? Y aura-t-il une stratégie globale que l'Organisation des Nations unies (ONU) devra mettre impérativement en oeuvre pour apaiser les tensions régionales et internationales quand les enjeux s'accentuent à cause des déséquilibres entre les disponibilités et la demande ? La problématique centrale est de savoir comment faire face à la pénurie d'eau. Un thème choisi par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).  Depuis trois longues décennies, dans l'Oranie ébranlée par une sécheresse allant crescendo d'année en année, la pluviométrie moyenne annuelle de référence est passée de 528 à 350 mm dans sa partie la mieux arrosée et d'une manière irrégulière. Cette situation, qu'induisent également les mutations défavorables du cycle de l'eau, le réchauffement climatique, les effets de serre et autres facteurs climatologiques et atmosphériques, s'est traduite par une élevation des taux de salinité des eaux et du sol (par phénomène de la montée capillaire) et de l'assèchement des barrages (cas de Sidi Abdelli, Mefrouche, Fergoug...). Ainsi, la problématique, assez préoccupante, le sera davantage car les besoins en eau domestique et des autres usages (agriculture et industrie) devront être plus exprimés et de plus en plus croissants. L'Oranie s'enfonce-t-elle dans le cercle du stress hydrique aigu ? Tous les indicateurs climatologiques et hydrogéologiques aboutissent à cette conséquence fâcheuse. Les pouvoirs publics et les principaux acteurs des secteurs concernés sont persuadés que le recours aux ressources non conventionnelles (R.N.C.) est à l'évidence l'unique alternative qui reste à explorer et exploiter. C'est ainsi que le programme national de 14 stations de dessalement d'eau de mer, d'une capacité globale de 2,5 millions de mètres cubes par jour, semble faire l'unanimité. Le recours impératif aux ressources non conventionnelles ne doit pas toutefois inciter à cesser les recherches hydrogéologiques dans les zones non ou faiblement ratissées par les études. Ceci pose bien évidemment la question des méthodes traditionnellement appliquées qui doivent être développée avec la télé-détection satellitaire. Nonobstant les contraintes évoquées, il est tout à fait clair que le recours aux ressources non conventionnelles est aujourd'hui incontestable pour faire face à la pénurie d'eau, un thème adopté sous l'égide de la FAO pour célébrer la Journée mondiale de l'eau du 22 mars.  Ce thème, cite la déclaration d'ONU-Eau, «fait ressortir l'importance croissante de la pénurie d'eau dans le monde et il nécessite de renforcer l'intégration et la coopération afin d'assurer une gestion durable, efficace et équitable des ressources hydriques rares tant qualitativement que quantitativement». Et par conséquent, il est indispensable de prendre en compte sans tarder les considérations d'équité et de droits et les éléments d'ordre culturel et éthique. Qu'il s'agisse des déséquilibres entre les disponibilités et la demande, de la dégradation de la qualité des eaux de surface, de la concurrence intersectorielle des différends interrégionaux et internationaux, la problématique centrale est de savoir comment «faire face à la pénurie d'eau». Le recours au ressources non conventionnelles en est l'alternative obligée mais coûteuse et pas sans risques tant sur les plans environnementaux qu'en matière de coût du mètre cube d'eau, de gestion et de maintenance.  De nombreux aspects liés à ces interrogations seront débattus lors du séminaire sur le dessalement d'eau de mer organisé par l'association de wilaya de Aïn Témouchent: «Défense des intérêts des utilisateurs d'eau urbaine et protection de l'environnement». Sont invités à ce rendez-vous les responsables de l'ADE, des responsables des ministères des Ressources en eau, de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire, notamment. Des conférenciers sont attendus notamment de Geïda (Espagne), de Béni-Saf Water Company (société mixte algéro-espagnole), de Algerian Energy Company, de l'entreprise nationale Hydro-Traitement. Des experts des universités de Tlemcen et d'Oran sont conviés à ce rendez-vous qui se déroulera sous les auspices de la wilaya et en collaboration avec BWC, l'ADE et la Direction de l'hydraulique.



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