Ain Témouchent - Revue de Presse


Abdelkader Bouazzara (Directeur de l’OSN), « Nous ferons une tournée dans toutes les wilayas »



Abdelkader Bouazzara, directeur de l’OSN, est titulaire d’un magistère du conservatoire d’Etat de Kiev. Il est de fait professeur de violon à l’Institut national supérieur de musique et au conservatoire d’Alger. En tant que musicologue, il a été producteur de « Musique des peuples », une émission qui a vécu sur les ondes de la Radio algérienne entre 1995 et 2003. En 1998, il est nommé directeur de l’orchestre symphonique du Gouvernorat du Grand Alger. Enfin, depuis 2001, Bouazzara assure la direction de l’Orchestre symphonique national. A quelques heures du concert, nous l’avons rencontré.
N’est-ce pas une gageure que de vouloir faire pénétrer de but en blanc de la musique classique en Algérie profonde, en particulier à Aïn Témouchent pays du raï ayant enfanté le père du raï moderne ?

Je ne partage pas votre préjugé. Il y a partout des gens qui s’intéressent à la musique classique. Espérons seulement qu’ils ont été informés de l’événement. Par ailleurs, n’oubliez pas que la musique est un langage universel. Elle est en chaque homme sans distinction d’origine, de race ou de religion. Bien entendu, nous ne donnons pas de but en blanc, comme vous dites, du Mozart ou du Beethoven. Nous usons d’une passerelle en donnant à écouter notre terroir musical arrangé et orchestré symphoniquement. Ainsi, ce soir, nous donnons Jaoula fi bladi, une série de tableaux musicaux qui dessinent musicalement les différentes régions du pays. Cela valorise les airs de chez nous et leur donne un caractère universel.

Le dernier arrêté le constituant à travers la fixation de la composition de son conseil d’administration a été signé en mars 2006, soit 14 années après le premier qui a donné naissance à l’ESN, N’est-ce pas un peu beaucoup ?

C’est vrai, mais créé en 1992, il a fallu attendre le 30 avril 1997 pour qu’il donne son concert solennel. Vous êtes Algérien et ne pouvez ignorer l’existence de ce que notre pays a enduré. A cet égard, je me dois de dire chapeau bas aux responsables qui ont, en 1992, durant une période extrêmement agitée, eu l’audace de créer des institutions telles que l’Institut supérieur national de musique, le Ballet national et l’OSN. Ce sont des actes d’hommes d’Etat. Si l’OSN a tardé à voir le jour, soit cinq années après sa naissance, vous ne pouvez oublier que dans l’intervalle, qui pouvait circuler dans les rues d’Alger, de Blida ou d’Oran avec un violon pour bagage ? C’est ce qui a freiné le démarrage de l’OSN. Mais même en 1997, c’était encore l’enfer, nous donnions nos concerts à partir de 17h avec la peur au ventre pour nous et pour notre public qui venait nous encourager ! C’est inimaginable ailleurs !

Un dernier mot...

Je voudrais terminer en signalant que si en 1998 nous arrivions à avoir 200 à 300 personnes dans la salle à Alger, maintenant, c’est 300 personnes qui restent dehors faute de places. C’est dans la permanence de l’activité que se forme un public et c’est ce que nous comptons impulser avec nos sorties hors de la capitale. Cette décentralisation des activités de l’OSN, à l’initiative de Mme la ministre de la Culture. Aujourd’hui, nous sommes à mi chemin d’une tournée à travers toutes les wilayas du pays.







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