Algérie - Revue de Presse


5 minutes pour juger et condamner

Deux mois de prison ferme. Telle est la sentence prononcée en cette fin de semaine dernière par le tribunal correctionnel de Annaba à l?encontre de plusieurs femmes et hommes contre lesquels il a été retenu l?adultère ou l?atteinte à la pudeur. Elles avaient été interpellées par les services de sécurité, leurs partenaires masculins également, en flagrant délit. Il y avait beaucoup de monde le jour du procès. Les accusés défilaient les uns après les autres. Toutes les femmes portaient un foulard sur la tête. Toutes ne voulaient pas être identifiées. Dans la salle d?audience, où l?on respire très mal, c?était l?incompréhension. La porte d?accès s?ouvrait et se refermait continuellement devant les familles, les amis des autres accusés et ceux appelés à comparaître en citation directe. Elle laissait chaque fois pénétrer dans la salle les bruits et l?agitation du dehors générés par cette affaire d?adultère commise par des pères et mères de famille pour la plupart. Si bien que l?on a parfois des difficultés à saisir ce qui se dit du côté des réquisitions et des plaidoiries. L?on n?avait même pas eu le temps de faire un quelconque pronostic, que déjà la réquisition du représentant du ministère public et la plaidoirie de l?avocat étaient exprimées, que le verdict tombait : 2 mois de prison ferme pour les 6 couples. Cinq minutes à peine, pour chaque accusé, s?étaient écoulées entre la comparution, le jugement et la sanction pénale. Dans les tribunaux de Annaba, El Hadjar, Berrahal, El Tarf, El Kala, Drean, Bouhadjar, des comparutions immédiates de fauteurs de trouble, petits délinquants, dealers, agresseurs, auteurs de vols divers. Bien que rares, les avocats commis d?office sont, pour la plupart, de jeunes débutants. Aux côtés de leurs aînés, ils se lancent parfois avec éloquence, souvent avec compassion pour leur client, dans des plaidoiries dans lesquelles reviennent sans cesse la misère, la vulnérabilité sociale, le chômage. « Mon client est la victime d?une succession de malchances qui ont fait de lui ce qu?il est actuellement. C?est-à-dire un délinquant vivant d?expédients. La misère et le chômage sont les seuls fautifs à condamner. Tenez compte de cette situation que la majorité de notre jeunesse vit. Soyez indulgents envers lui », plaidera un des avocats pour son client, un jeune de 30 ans multirécidiviste dans les vols à l?arraché avec violence.




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