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"J'aimerai revenir plus souvent en Algérie" KAMEL ZOUAOUI À L'EXPRESSION


"J'aimerai revenir plus souvent en Algérie" KAMEL ZOUAOUI À L'EXPRESSION
«Le chemin du conteur est solitaire»
Conteur et comédien franco-algérien, l'artiste, qui souhaiterait tourner en Algérie, était de passage à Alger il y a quelques semaines, où il a présenté Les pas sages d'un fou, son dernier spectacle autour de la personnalité de Djoha. Notre sémillant saltimbanque, vendeur de rêves, revenait en fait d'un périple en Algérie qui lui a permis d'aller rencontrer son public là où le vent le mène. Découverte!
Tout d'abord, vous venez d'effectuer une mini-tournée en Algérie après votre participation en novembre dernier au Festival du théâtre de Béjaïa. Un mot sur ce périple algérien...
Je suis venu en février pour jouer dans les Instituts français de Annaba, d'Oran et de Tlemcen, j'ai profité de cette tournée pour accompagner chaque spectacle par un stage de plusieurs jours à destination de 20 personnes par institut, des personnes de tous les âges, intéressées par l'art du conte et les différentes façons de conter.
Présenter mes spectacles de contes à été pour moi, comme chaque fois, un grand plaisir. Mais j'ai vraiment été heureux d'animer ces stages et de rencontrer, une fois de plus, le talent algérien dans sa diversité!
Les gens présents aux stages dans ces trois villes se sont beaucoup investis et surtout, ont écrit de très jolies histoires!
Je suis ensuite revenu à Oran pour participer au Festival du conte qui permet à des conteurs algériens, africains et méditerranéens de conter dans de nombreux lieux de la ville (écoles, théâtre régional, évêché, Institut français, Institut Cervantès, promenade de Letang) pendant une semaine!
D'ailleurs, le résultat du stage mené à Oran en février a été présenté par les apprentis conteurs à l'APC d'Oran, à l'occasion de la cérémonie d'ouverture du 7e Festival du conte organisé par l'association «Le Petit lecteur». Les stagiaires oranais ont rencontré un grand succès et ont décidé de continuer l'aventure du conte pendant toute l'année! Cela m'a rendu fier et encore plus heureux de faire ce métier!
En mai, je vais retourner à Annaba pour retrouver les stagiaires et les accompagner lors de la présentation publique de leur travail à l'Institut français de Annaba, à l'Université de Guelma et dans d'autres lieux à définir!
Avec les stagiaires de Tlemcen, des enfants entre 8 et 10 ans, nous maintenons un lien par Internet et ils continuent de se retrouver autour du conte au sein de l'Institut.
Vraiment, c'est une chance pour moi de vivre tous ces échanges et ces rencontres. J'aimerai revenir le plus souvent possible en Algérie et m'investir encore plus pour la culture, la transmission et l'art du conte auprès du public algérien.
Dans les écoles, dans les universités, dans les associations et les instituts: le talent n'a pas d'âge et je suis chaque fois émerveillé de toute cette énergie partagée!
J'aimerai travailler avec des populations du désert et également retourner conter en Kabylie, bassin de ma culture!
A Alger, vous avez présenté un monologue autour de Djoha, qui n'est pas votre premier spectacle. Pourriez-vous nous expliquez votre attachement à ce célèbre et mythique personnage du conte arabe'
J'ai écrit deux spectacles autour des aventures du fameux Djoha, qui est connu initialement sous le nom de Nasreeddine Hodja, né en 1209 à Konya, en Turquie. Ce personnage est plein d'humanité et de bon sens, il est connu partout sur les rives de la Méditerranée, en Orient et jusqu'en Chine. Fou ou sage, il est une partie de notre patrimoine universel et est un lien entre les communautés. En 1996, l'Unesco lui a même consacré une année culturelle! En France, dans mes stages je l'utilise souvent comme outil pédagogique.
J'aime la sagesse que ses histoires transportent et cette fausse naïveté avec laquelle il met chacun en face de son propre miroir!
Dans le premier spectacle (Les pas sages d'un fou) je traite de Nasreddine à la manière du goual (diseur) en invitant le public à suivre 22 de ses aventures, dans un spectacle interactif, qui nous font rencontrer des gens du village de Nasreddine. Dans le deuxième spectacle (N'est pas fou qui veut), je propose une rencontre entre la femme de Djoha (qui essaye de défendre la sagesse de son époux et que j'ai appelée Khadidja) et Latifa (une jalouse voisine venue pour critiquer Djoha et démontrer qu'il est fou). J'interprète plusieurs personnages d'une manière plus théâtralisée mais avec un grand respect du sens des histoires et en restant dans l'univers du conte!
Je travaille actuellement à un troisième spectacle sur les aventures de Djoha: quelques aventures du sage, racontées par son petit- fils qui les utilise pour essayer de trouver du sens au monde d'aujourd'hui, un lien entre hier et aujourd'hui, une invitation à surtout, ne pas perdre notre patrimoine!
On ne peut ne pas parler du film Rengaine dans lequel vous jouez et faites une participation assez remarquée. Un film qui a fait du bruit depuis sa participation à la Quinzaine des réalisateurs, l'an dernier à Cannes.
Oui, Rengaine est un film de Rachid Djaidani, un conte moderne qui traite du mariage mixte et nous raconte l'histoire de Sabrina une jeune musulmane qui veut épouser Dorcy un comédien, chrétien d'Afrique noire. L'histoire se déroule à Paris où l'on suit le cheminement du grand frère de Sabrina qui veut empêcher ce mariage. Dans ce «conte» qui est un lien entre Roméo et Juliette et Ali Baba et les 40 voleurs, Rachid à essayé de faire un plaidoyer pour la tolérance et le respect des différences. Il a mis 9 ans pour réaliser ce film et l'a fait sans aucune aide financière. Il m'a fait l'honneur de me proposer d'être l'un des frères de Sabrina et d'interpréter deux scènes. Ce film, qui est un film de «copains» a eu un destin extraordinaire. Au festival de Cannes 2012, il a obtenu le Prix international de la critique de la Quinzaine des réalisateurs. Ensuite, un producteur à permis au film d'être diffusé en salle. Tous les comédiens ont pu être payés et le film a été vu par plus de 130.000 personnes! Le film était même présent à la cérémonie des Cesars 2013 où il était sélectionné dans la catégorie Meilleur premier film. Pour un film fait sans argent, c'est un bon destin! Il a été sélectionné pour de nombreux festivals, et nous animons souvent des débats autour du film, en France et partout dans le monde! Ce film est une preuve supplémentaire qui démontre que lorsque l'on s'accroche à ses rêves, on peut les réaliser!
Ce film a ouvert le débat partout où il a été diffusé et partout où nous l'avons accompagné (les autres comédiens, Rachid ou moi-même) nous avons pu nous apercevoir que les gens vivent les uns à côté des autres, mais qu'ils ne vivent jamais la même histoire... Outre la France, je suis allé en Angleterre et en Allemagne accompagner Rengaine, c'était un grand plaisir de représenter «la famille Rengaine» Chacun, peu à peu, reprend sa route,en tout cas j'ai été content de participer à ce beau projet avec Rachid Djaïdani et l'équipe, même si ma nièce Amina (7 ans) n'a pas trop apprécié de voir «son tonton conteur jouer le rôle d'un voyou»!
Vous avez choisi plutôt le monologue comme prédilection à votre forme d'expression. Pourquoi'
Parce qu'il va bien avec ma personnalité, le chemin du conteur est solitaire, même si il me permet de rencontrer beaucoup de gens et de vivre de belles choses. Je suis passé par le théâtre où j'ai débuté à l'âge de 9 ans, j'aime aussi ce mode d'expression, mais actuellement cela me convient bien et me permet de m'épanouir. Et le but du conteur est de stimuler l'imaginaire de son auditoire, il est un passeur d'histoires...
N'avez-vous pas été tenté par le one-man-show comme il fait fureur en France'
Je m'éloigne toujours de ce qui fait fureur (rires)! Ça viendra peut-être un jour! Je suis mon chemin là où il me mène. Pour l'instant, j'aimerai me «perfectionner» dans l'art du conte et de la comédie!
Des projets côté cinéma cette fois'
Oui, suite à Rengaine, j'ai eu quelques propositions et j'aimerai jouer plus souvent, alors je commence à participer à quelques castings en France et en Algérie. J'aimerai bien tourner en Algérie, il y a de beaux projets qui sont en train de se monter... Je ne m'inquiète pas, si ça doit se faire, ça se fera... Pour l'instant, je continue ma route, serein!


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