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Le marché de l?automobile en Algérie : analyse et prévision



Le marché de l?automobile est un indicateur très fort du niveau de vie sans cesse croissant des Algériens. A l?instar du bâtiment, si le transport va, on ne trouvera personne pour contester une si bonne santé économique du pays.


Le constat, à travers les statistiques, est que les importations de véhicules en Algérie ont pris une courbe ascendante, depuis 2000. Le secteur automobile algérien est un marché de distribution, le segment des poids lourds étant le seul à disposer d?une production locale. C?est un secteur dynamique et en constante progression, en particulier du point de vue des ventes de véhicules neufs du fait de l?absence d?une industrie locale, de l?accès aux crédits à la consommation et de l?interdiction d?importer des véhicules d?occasion.

Le parc automobile en Algérie, avec ces 3,9 millions de véhicules (juillet 2008), possède le deuxième parc le plus important d?Afrique après l?Afrique du Sud. En effet, le parc de véhicules de notre pays ne cesse de croître. Pendant le premier semestre de l?année 2008, l?Algérie a importé près de 151.194 véhicules (CNIS, 2008), il est de loin au premier rang des pays maghrébins.

Le parc de véhicules connaît un rajeunissement sans précédent, mais l?âge moyen du parc reste cependant élevé: 77 % des véhicules ont plus de 10 ans d?âge et seulement 17 % ont moins de 5 ans d?âge (tableau 1). Toutefois, ces chiffres peuvent être faussés par le fait que les véhicules définitivement immobilisés ne sont pas déclarés.

Le parc automobile algérien est appelé à se renouveler à cause de :

- l?interdiction, depuis le 26 septembre 2005, d?importer des véhicules d?occasion ;

- l?obligation du contrôle technique automobile instaurée depuis le 21 avril 2005 ;

- l?accès des ménages au crédit bancaire débuté en 2001, cette formule se consacre aujourd?hui à l?automobile au détriment de sa vocation première, le crédit-logement.

La progression qu?à connue le parc automobile depuis les années 2000 est une preuve du dynamisme de ce marché. En effet, le parc national de véhicules a connu, de 2000 à 2007, un accroissement substantiel se traduisant par l?entrée de 1 million de véhicules représentant un peu plus du tiers du parc existant en 2000. Le nombre de véhicules, tous genres confondus, répertoriés en juillet 2008 s?élève à 3,9 millions d?unités contre 2,9 millions en 2000, avec une prépondérance pour les véhicules de tourisme. Le boom automobile algérien reste un baromètre fiable de la bonne santé de l?économie du pays, il intervient à un moment où l?Algérie connaît une stabilité politique et économique sans précédent.

En 2008, un Algérien sur 9 possède un véhicule (tous véhicules confondus), ce taux de motorisation place le pays du point de vue de la mobilité en pole position en Afrique.

Les raisons de ce boom sont multiples.      Il y a d?abord la hausse du pouvoir d?achat des classes moyennes sans laquelle rien n?aurait été possible. Il y a aussi la décision d?arrêt des importations des véhicules d?occasion, ce qui a eu pour effet de rehausser les ventes de voitures neuves.

Enfin, il y a la participation des banques avec le crédit-véhicule qui participe pour une large part à cette démocratisation de la voiture en Algérie.

Les chiffres donnés par le Centre national de l?informatique et des statistiques des Douanes algériennes (tableau 2):

Ces chiffres comportent les importations effectuées par les concessionnaires ainsi que par les particuliers pour une part moins importante. En termes de volume de ventes, la hausse est nette et positive. En comparaison à la même période de l?année dernière, la commercialisation des véhicules neufs a augmenté de 37,3 %. Près de 199.113 voitures ont été cédées par les concessionnaires durant les six premiers mois de l?année 2008 contre 159.293 en 2006. Plus de 106.500 sont des véhicules particuliers et environ 30.200 véhicules utilitaires.

La seule année où les importations de voitures en Algérie ont connu une baisse, c?était en 2006. 188.006 unités ont été importées en 2006 contre 251.576 unités en 2005, soit une baisse de 25 % selon les statistiques douanières. La baisse, cependant légère, 1,9%, était principalement due à la suppression de l?importation de véhicules de moins de 3 ans.

L?année 2005 se démarque pour avoir été celle de la redistribution des premiers rôles. En effet, pour la première fois la 1re place a échappé aux marques françaises Peugeot et Renault qui se sont vues reléguées respectivement aux 3e et 4e rangs, au profit des deux constructeurs asiatiques, Hyundai et Toyota, respectivement, en 1re et 2e positions, véhicules particuliers et utilitaires confondus. Les marques coréennes ont dominé le marché durant l?année 2006. En effet, Hyundai, Kia et Chevrolet s?accaparent à elles trois 30 % du total du marché. Les marques françaises Renault-Dacia, Peugeot et Citroën n?en détiennent plus que 26 %. Les marques japonaises se maintiennent leur part avec près de 22 %. La grande inconnue reste la part des marques chinoises telles que Chana, Hafei, Foryota qui est difficilement quantifiable à cause du manque de communication de leurs distributeurs. Leurs parts s?élèveraient à environ 10 % du marché. La part des marques allemandes BMW et Mercedes a un peu plus de 6 % du marché. Les autres marques dont l?italienne Fiat, l?indienne Maruti se partageraient moins de 4 % de parts de marché restant.

Selon les projections, le marché des véhicules neufs en Algérie connaîtra une croissance de l?ordre de 20 à 30 % par an durant les 10 prochaines années, ces prévisions étaient avancées avant l?introduction de la nouvelle taxe. La décision vise a priori tous les véhicules, mais ce sont les voitures d?entrée de gamme qui seront les plus touchés, une telle décision aura un impact sur le budget familial et risque d?affecter durement les ménages concernés par l?achat d?un véhicule dans le futur. La nouvelle taxe va-t-elle renverser la tendance actuelle et dans quelle proportion ?

Le marché de l?automobile pourra être déstabilisé si une amère réalité de la vie quotidienne des Algériens n?est pas maîtrisée : l?inflation. En ce début de 2008, l?Algérie connaît une flambée des prix des denrées de première nécessité, accompagnée d?une hausse de la monnaie européenne euro face au dollar américain. La vente des voitures, dont le prix varie entre 400 et 800 mille DA, représente 80 %, du marché des ventes de véhicules. La classe moyenne sera particulièrement affectée, son rêve d?accès au véhicule se complique encore plus avec la nouvelle taxe.

L?Etat a décidé que c?est à la classe moyenne, des jeunes ménages en majorité, endettés jusqu?au cou par la force d?un pouvoir d?achat en nette régression, de soutenir sa politique en faveur des transports de grande masse. La plupart des villes ne disposent ni de métro ni de tramway, sachant que les villes où l?un de ces deux modes est prévu soit il est toujours en chantier où soit que le projet est encore à l?étude.

L?Etat aurait dû mettre en place un transport en commun qui assurera le service public, avant d?instaurer cette taxe, comme cela se fait dans tous les autres pays. L?usager trouvera inconcevable l?idée de payer pour un service avant d?en profiter, alors que les caisses de l?Etat en termes de réserves affichent une aisance confortable.

Les constructeurs mondiaux les plus prestigieux veulent à tout prix une part dans le marché de l?automobile en Algérie, le marché est très promoteur. Les estimations chiffrent les besoins annuels à plus de 250 mille véhicules par an pour les 20 prochaines années. Le marché automobile en Algérie continue de connaître une embellie sans précédent, avec une hausse escomptée de 25 à 35% dans l?année 2008 qui sera certainement revue à la baisse.

Les véhicules de puissantes cylindrées feront leur apparition dans les routes algériennes, même s?il faut reconnaître que les prix de tels engins restent encore inaccessibles pour la majorité des Algériens.

Le marché de l?automobile en Algérie tend à se professionnaliser, en effet, sous la pression des consommateurs couplée à une concurrence de plus en plus forte, les opérateurs devront dorénavant concentrer leurs efforts sur la qualité des services. Dans ce créneau, de nombreuses opportunités existent dans :

- la formation professionnelle: le marché algérien souffre d?un manque de compétences dans la maintenance et le service ;

- les équipements de garage : la majorité des garages sont peu ou mal équipés;

- les magasins de revente de pièces détachées : la spécialisation et l?informatisation de la revente de pièces détachées par marque ;

- les équipements pour le contrôle et le diagnostic

automobile : il n?existe que peu d?agences de contrôle bien équipées ;

- le transport de voyageurs : des entreprises par regroupement de transporteurs de voyageurs, urbain ou interurbain.

- le transport de marchandises : des transporteurs spécialisés commencent seulement à apparaître sur le marché algérien. Les droits de douane, dans le secteur automobile, sont appelés à évoluer dans le cadre de l?accord d?association avec l?UE (Union européenne) et l?entrée de l?Algérie à l?OMC (Organisation mondiale du commerce). Les cas de régimes dérogatoires sont :

L?interdiction, depuis fin septembre 2005, d?importer les véhicules de moins de trois ans et le renouvellement accéléré du parc automobile national ont fait baisser les prix des véhicules usagés. Fini le temps où la voiture était revendue au même prix, sinon plus cher, après trois ou quatre ans d?utilisation.

Ces dernières années, les prix des voitures usagées ne cessent de baisser. Le renouvellement accéléré du parc automobile va influer sur le marché de l?occasion dans les prochaines années. Ce marché va accueillir de nouveaux modèles, ce qui va faire encore baisser les prix des modèles les plus anciens. Les risques du marché de l?occasion c?est que les prix peuvent être artificiellement gonflés par les courtiers qui cherchent à gagner beaucoup d?argent, en l?absence de toutes règles dans le marché de l?occasion.

Des rumeurs circulent sur le retour à partir de l?année prochaine de l?importation de voitures usagées, mais aucune source officielle ne l?a confirmé. La levée de l?interdiction de l?importation des voitures d?occasion peut être imposée avec l?adhésion de l?Algérie à l?OMC. Il faut attendre l?élaboration de la prochaine loi de finances 2009, pour le savoir et connaître les nouvelles orientations du gouvernement face au marché de l?automobile.

Faute d?unités industrielles spécialisées, la plus grande part des pièces de rechange (parties et accessoires de véhicules automobiles) est importée. En 2007, ces importations se sont élevées selon le Centre national de l?informatique et des statistiques (CNIS) à plus de 275,91 millions de dollars enregistrant une hausse de 65,33 % par rapport à 2006. Le grand problème c?est que près de 50 % des pièces de rechange automobiles vendues en Algérie sont contrefaites. Elles sont généralement d?origine chinoise ou, dans une bien moindre mesure, des pays de l?Europe de l?est. En dépit de la bonne volonté des services des douanes et de la direction de la Concurrence et des Prix du ministère du Commerce, les agents chargés de lutter contre la contrefaçon sont dans l?impossibilité de reconnaître un produit contrefait. Sur le plan juridique, il existe des lois dont l?ordonnance n°03-06 sur les marques mais pas de textes réglementaires. La lutte contre la contrefaçon demeure un phénomène qui est pris très au sérieux par les autorités algériennes notamment en prévision de l?adhésion de l?Algérie à l?OMC.

La sécurité des usagers peut être en jeu, en effet, selon les statistiques du Centre national de prévention et de sécurité routière, les accidents liés aux défaillances du véhicule sont à l?origine de 6 % des accidents enregistrés en 2007 (défaillances mécaniques, mauvaise qualité des pneumatiques, problèmes liés au freinage...).

L?Algérie a pris du retard dans l?industrie de l?automobile qui est une industrie lourde et demande la maîtrise de la technologie, à cause de la situation politique et économique difficile qu?elle a connue dans les années 90. Dans cette période, les grandes entreprises de construction de véhicules se sont dirigées vers les pays de l?Est et l?Iran. L?Algérie peut accélérer la mise en place d?une industrie automobile, mais l?important c?est de trouver le partenaire étranger afin de garantir le financement et la technologie. L?Algérie est bien décidée à se doter de sa propre industrie automobile très prochainement. Si l?Algérie dispose d?atouts importants tels que le coût de la main-d?oeuvre et l?ouverture en faveur d?une économie de marché, elle pâtit cependant d?un certain nombre de faiblesses comme le niveau de qualification du personnel local et le manque de développement du tissu industriel, en particulier au niveau des fournisseurs et des équipementiers automobile. Le marché de l?automobile en Algérie est en voie de (re)construction et de structuration, après les difficultés rencontrées par le pays au cours de la décennie écoulée. L?Algérie négocie actuellement l?installation d?une usine de construction automobile en partenariat.

La négociation porte notamment sur le taux de participation du partenaire algérien et le nombre d?emplois, les résultats seront connus avant la fin de l?année 2008. A noter que plusieurs noms de constructeurs mondiaux, dont des français, des italiens et des asiatiques circulent à Alger pour la construction d?une telle usine.

Le projet prévoit un taux d?intégration de 15 % de composants automobiles fabriqués sur place avant d?arriver à 40 % après 5 ans.

En effet, l?Algérie a entamé depuis trois ans des contacts avec plusieurs grandes entreprises étrangères afin de trouver un partenaire pour la mise en place d?une entreprise publique d?industrie automobile, notamment le montage de véhicules. Il pourrait s?agir d?une entreprise d?Etat pour permettre à l?Algérie de travailler avec ses partenaires étrangers et promouvoir l?industrie automobile, comme dans ce contexte, il sera le bienvenu le partenaire étranger même s?il désire construire une unité en Algérie à 100%.       

Par ailleurs, l?importance des IDE n?est pas uniquement dans l?argent mais dans le transfert de la technologie, la création et la gestion, lesquelles devraient permettre à l?Algérie de s?intégrer dans le marché mondial. L?Algérie a choisi d?associer ses intérêts avec ceux de ses partenaires. A ce titre, les différentes dispositions prises pour la promotion des investissements, notamment la création de l?Aniref comme intermédiaire en matière du foncier, la réorganisation de l?Andi et dans le cadre de l?accompagnement de l?investissement. Néanmoins l?absence d?un marché financier et d?une main-d?oeuvre qualifiée pourra être une entrave au projet.

D?ores et déjà, on sait que les constructeurs français Renault et Nissan sont à écarter de la liste des constructeurs intéressés par l?investissement en Algérie. Et, pour rappel, ils ont déjà choisi de s?implanter au Maroc. A rappeler que Renault-Nissan a opté pour un investissement d?un milliard d?euros pour s?installer au Maroc.

Ce type d?industrie est considéré comme une priorité dans la nouvelle stratégie industrielle, l?Algérie possède des atouts essentiels pour la mise en place de l?industrie automobile, notamment l?existence d?un marché national, le parc automobile algérien a enregistré ces dernières années une augmentation constante. D?ailleurs, en 2007 il comptait deux millions de voitures légères.           Les importations de véhicules ont atteint 2,7 milliards de dollars en 2007 enregistrant ainsi une augmentation de 15,82 % par rapport aux 2,2 milliards de dollars de l?année 2006.

Le marché algérien est le deuxième plus grand marché africain après l?Afrique du Sud, avec 91 % de concessionnaires étrangers. L?existence des sous-traitants, qui sont au nombre de 200 au même titre que l?industrie hydrocarbure et pétrochimique ainsi que l?existence d?une industrie de la sidérurgie, du verre et du plastique considérés comme les matières premières essentielles pour la réussite d?une telle industrie. Il sera question aussi de la production d?accessoires en partenariat avec un sous-traitant étranger, et de pièces détachées, pour lesquelles, il y a également des contacts avec des grandes entreprises européennes. Ces produits sont destinés à l?approvisionnement de l?industrie automobile nationale ou à l?exportation. L?Algérie a tous les atouts pour passer du rang d?importateur de véhicules à celui de producteur, par le biais de la sous-traitance, avec des marques très présentes sur le marché algérien, à l?image de ce que fait le Maroc, dont le marché automobile est pourtant de moindre envergure. Le potentiel producteur de l?Algérie pourra être enfin mis sur rails.


(*) Faculté des sciences et sciences de l?ingénieur

Université de Mostaganem

Chercheur expert en transport et sécurité routière


 






Vu : 130 fois
Posté Le : 24/08/2008
Posté par : sofiane
Ecrit par : Dr Slimane Himouri (*)
Source : www.lequotidien-oran.com

 

 



      

 
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