| Poème inédits de Youcef Dris | Postée par : nassima_v Date : 13/02/2008
Source : algerculture.site.voila.fr
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| ESPOIR
Espoir qui me fait vivre de chimères Lorsque l’obscurité est ma seule lumière Espoir fou, incandescent Qui me fait sourire aux sourires Lorsque mes entrailles enflammées Dégagent la nervosité des incinérés Nuit éternelle où l’être brisé Tend l’amalgame de ces illusions cancéreuses Vers l’espoir, cette lueur fugitive Qui s’ancre dans l’amertume de nos rêves humains Plonge dans la brume de cet espoir même… Espoir Espoir langoureux et trompeur Espoir construit sur notre esprit crédule Espoir moulé dans la mesquinerie de nos folles illusions Pourquoi nous brises-tu ? Espoir de routes éternelles parmi l’immortalité. Mon chemin caillouteux est sans issue. Impasse… Je suis dans l’impasse puisque impasse moi même. Impasse d’un espoir sans issue Puisque brisé dans la nuit.
Noircir la feuille
Je dessine sur une feuille blanche Des traits qui s'emmêlent et se branchent Pour former de très belles lignes De mots de rimes de champs de vigne
Que vendangent les hommes du soir au matin En vivant du fruit de la vie par le goût du vin Et elle nous enivre de son parfum étrange Qui nous élève au ciel pour parler aux anges
Je dessine sur une feuille blanche Un arbre avec des tonnes de branches Pour que tous les oiseaux du monde Y fond leurs nids chaque seconde
Je sonnerai tous les matins le réveil en tapant des mains Et je ferai mille louanges Au soleil que rien ne dérange
Je dessine sur une feuille blanche Les espoirs sur lesquels je penche Pour voir le bon côté des choses Où la douce vie se repose
En goûtant toutes les joies offertes Derrière le peu de portes ouvertes Où tous les enfants se mélangent Aux bêtises qui nous démangent
Je dessine sur une feuille blanche Et je me donnerai carte blanche Pour dire comment aimer la vie Et pour en faire mon paradis
ILLUSION EGAREES
L’aube n’a plus le sens du rire La vie elle-même n’a plus de raison d’être. Alors, monde de pourriture, Monde corrompu Est-ce là toutes tes promesses ? J’ai cru en ton existence Et la désillusion fut amère Mon visage n’est plus que crispations Mon corps est la proie de sombres convulsions, Mon esprit baigne dans la torpeur de l’inexistence. J’aime, sensiblerie nocive, Et amour rapace Dans un monde de vautours. Charme, séduction, grâce, douceur, Le conventionnel a créé pour justifier l’infidélité. A propos, belle et infidèle , tu l’es aussi. A propos, belle et infidèle ne riment-ils pas ? L’aube est morte devant l’inertie de la vie, Où l’espoir a pris la couleur des cendres. Si rien n’est plus beau que le souvenir du bonheur, Rien n’est plus affreux Que de s’apercevoir Que le bonheur passé était mensonge. Je viens chercher de solides illusions Parmi ces solitudes où vivent les vérités. La jeunesse coule plus vite que le vin, Mais c’est la vie qu’elle noie Dans l’ivresse de l’amertume.
E…QUI…VOQUE
Nous étions un jeudi sur le mord de la plage Elle était allongée dans une grande paresse Je me jetai à l’eau et arrive à la nage Pour pouvoir admirer le galbe de ses…reins. Allongée sur le dos à l’orée du matin Sur une serviette bleue elle était presque nue Je regardais ses yeux, ses cheveux et son…chien, Allongé lui aussi tout près de sa maîtresse. Me voyant l’admirer, se tourna à dessein, Et se mit sur le dos très vite et en souplesse Puis elle bomba le torse, alors je vis ses…yeux, Qui étaient d’un beau bleu comme le ciel d’été. Pour sa bouche comme un fruit d’un beau rouge écarlate Mes sens étaient en feu, je n’ai pu résister Et j’ai tendu la main pour caresser sa….patte, Au chien tout endormi sur le sable brûlant. Elle s’en est offusquée et d’un regard biaisé Elle pensait que j’étais un bien de sombre débile Qui subitement allait tout de suite la…maudire. Voyant son désarroi j’ai éclaté de rire. Pareil à son toutou j’avançais à quatre pattes Tout mon être tremblait, puis j’ai osé le pire J’ai tendu mes doigts moites vers le creux de sa…main. Elle eut un grand sourire, écourta le chemin Qui me séparait d’elle et j’y vis les prémices D’une approche amoureuse et de beaux lendemains, Elle s’approcha de moi puis écarta ses…Bras. J’allais donc m’y plonger, amis elle fit quelques pas Reculant subitement et revint en arrière J’attendais qu’elle enlève le haut et puis le bas, Mais elle se retourna me montrant son…ruban Qui ornait ses cheveux on dirait un turban. Le chien se releva et mordit la pelote Que lui lance sa maîtresse pour l’éloigner de nous Puis elle glissa ses doigts pour baisser sa…chaussette Que par inadvertance elle a gardée au pied. Je suis devenu fou devant une telle beauté Elle prit de l’eau de mer et voulu m’asperger Et moi fou de désir je voulais la…poursuivre, Sur le sable tout chaud où il faisait bon vivre. Elle court et bouge son corps, se retourne, me souris C’était comme une invite, comme si elle me priait De mettre mon indexe sur son doux…front si lisse. Qui sous le grand soleil devint rouge écrevisse. Le chien se rendormit, elle lui cria : viens Rex ! Mais la bête avachie ne se leva même pas Puis elle me prit la main, l’approcha vers son…sac Pour l’aider à sorti du cabas une matraque Elle la tint dans sa main et d’une folie subite Elle la tourna en l’air comme pour me tabasser J’ai caché mon visage mais elle visa ma…tête. Puis explosa de rire car elle me trouvait bête. Elle jeta la matraque, j’ai cru qu‘elle abdiquait Puis elle me fit alors gentiment les yeux doux Je pensais qu’elle voulait que je viennes la…masser, Car elle sortit du sac une lotion à bronzer. Je verse dans la main du liquide et me presse D’étaler tout le long de son dos le produit Puis je passe mes deux mains fébriles sur ses…épaules. Sous mes doigts tout mouillés elle semble devenir folle Et le plaisir en moi excitait mes faiblesses Lorsque sa résistance soudain devenue molle Au fur et à mesure que j’approchais ses…jambes. Alors ne pouvant plus, dans mes bras elle tomba, Son teint rouge écarlate avait viré au rouille Elle essuya ses mains sur sa serviette bleue Et puis les approcha doucement vers mes…mains. Elle serra mes dix doigts sous le regard du chien Elle ouvrit grand sa bouche et de ses grosses lippes Se rapprocha de moi, dans un élan soudain Décida tout à-coup de me faire une…risette. Elle me dit que son Jules allait montrer sa tête Et viendra la rejoindre sur le sable qui la brûle Elle aurait prolongé encore notre tête à tête Que je l’enlace au moins mais surtout que je…l’embrasse. J’ai admiré son corps, sa beauté et sa classe Et la quitter ainsi cela me perturbait Au souvenir de cette superbe créature Je rentrais vite chez-moi et puis me…mettre au lit. C’est la fin de l’histoire d’une encontre furtive J’ai loupé mes vacances et je rentre à Tizi J’aurais voulu quand même la suivre sur l’autre rive Lui dire qu’elle me rend fou, lui montrer mon…chagrin.
Les Vomissants
Comme un vol de poivrots dans le bistrot natal, Fatigués de ne boire que l’eau des fontaines, Des monts du Djurdjura, ces courtiers à bedaines Entraient, ivres d’un rêve éthylique et total. Ils venaient se farcir un fabuleux fromage. Par trop d’années moisi dans des caves malsaines, Et les gens invités réservaient leur passage Aux bords listérieux de ce fumet fatal. Chaque soir, redoutant des matins hépatiques, Cachets effervescents et anti-vomitiques Apaisaient le sommeil des visages bourrés ; Ou bien penchés, avant que ne flanche leur cervelle, Ils entendaient monter en un fiel ignoré Du fond de leurs entrailles des substances nouvelles ! Comme un vol de poivrots dans le bistrot natal, Ils ne bouffèrent que seuls et engendrèrent la haine. Ils remplirent chacun le fond de leur futal De renvois repoussants, qui agressent notre haleine. |
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