| Un face-à-face policé | Postée par : sofiane Date : 09/10/2008 Ecrit par :
Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com
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Les téléspectateurs qui ont veillé dans la nuit du mardi aumercredi pour suivre le second face-à-face ayant opposé les deux candidats àl'élection présidentielle américaine, dont on a dit qu'il promettait d'être«saignant», n'ont pas été récompensés de leursacrifice. L'empoignade attendue n'a pas eu la virulence et la violence prédites.
Le candidat républicain John McCain,qui, sachant que l'impact de la crise financière bénéficie à son rival, auraitbien voulu que le débat porte sur d'autres questions, en a été empêché parcelles essentiellement axées sur celles-ci posées par le panel de citoyensordinaires conviés à le faire cette fois en lieu et place d'un journaliste.
De ce fait, il n'a pu s'attaquer directement à Barack Obama et tenir ainsi sapromesse de révéler aux électeurs américains «sa vraie nature». Lequel, évidemment,ne lui a pas offert l'occasion en ne sortant pas dans ses interventions ducadre de l'explication des raisons causes de cette crise et des remèdes qu'ilenvisage de mettre en pratique pour en sortir le pays, s'il est élu à la Maison-Blanche.
A l'exercice, c'est Barack Obama qui, encore une fois, semble avoir été le plusconvaincant, comme l'ont établi les sondages effectués dans le pays après leface-à-face.
A défaut donc d'avoir pu développer dans ce face-à-face lastratégie offensive et pugnace contre son rival que lui et sa colistière Sarah Palin ont expérimentée en d'autres circonstances, John McCain s'est retrouvé sur la défensive, contraint d'essayerde parer maladroitement la critique fondamentale que n'a eu de cesse de luiasséner Barack Obama, d'êtrele candidat à la continuation d'une politique économique et financière qui aconduit les Etats-Unis à la crise et menace de les ruiner si elle estpoursuivie. Obama a enfoncé le clou de la connivenceJohn McCain-Bush, sachant que cet argument estporteur dans l'opinion américaine, remontée à cran contre le bilan desprésidences républicaines de George W. Bush.
C'est finalement McCain qui futsur la défensive, alors que sa seule chance de démentir les sondages négatifspour lui qui s'accumulent était de s'attaquer résolument à son adversaire envue d'en déstabiliser la sérénité.
A moins de trente jours de l'élection présidentielle, lecandidat démocrate voit son avance se renforcer dans les sondages. Pour lamajorité des observateurs, cette tendance semble devoir durer, d'autant quecela est confirmé par ceux effectués dans des Etats de l'Union censés avoir unpenchant républicain et donc favorables au candidat de ce camp qu'est John McCain. Ce ne sont pas les développements dangereux quisont en train de se produire en conséquence de lacrise financière, qui vont contribuer à inverser cette tendance.
La tournure devenant catastrophique pour le candidatrépublicain, ses conseillers électoraux vont le pousser à envenimer le ton desa campagne. D'où il faut s'attendre à ce que les «coups bas» pleuvent contre Barack Obama. Du genre de celuique lui a envoyé récemment Sarah Palin, l'accusant niplus ni moins d'être en «amitié avec des terroristes».
Reste à savoir si les électeurs américains se montreront aufinal plus sensibles aux mensonges que les républicains vont déverser qu'à lalogique du discours qu'emploie Obama contre ceux-ci.
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