| Flambée des prix : Une foule d'intermédiaires entre le producteur et le consommateur | Postée par : sofiane Date : 31/08/2008 Ecrit par :
B Mokhtaria
Source : www.lequotidien-oran.com
|   
|
Entre les assurances de l'Etat sur la maîtrise des prix durant le mois sacré de Ramadhan et les spéculations à grande échelle dans le marché des fruits et légumes, le consommateur perd le nord. Malgré toutes les explications données par les spécialistes sur la flambée des prix à chaque fête et à la veille de chaque mois de Ramadhan, le phénomène est bien ancré dans les coutumes et traditions du marché. «Chaque année, on répète la même chose sur l'augmentation des prix et les pénuries qui peuvent surgir, au point où l'on accorde maintenant plus d'importance à préparer le consommateur à être dépouillé plutôt que de chercher les moyens aidant à mettre fin à de telles pratiques ». C'est le constat fait par l'Association de protection et de conseil du consommateur, de son environnement de la wilaya d'Oran (APCCO), qui considère que les spéculateurs du marché ne sont pas eux seuls responsables de ce phénomène, mais le producteur et le consommateur aussi, et ceci en l'absence d'une culture de consommation.
L'APCCO s'est abstenue de s'avancer sur les tendances du marché en ce mois sacré. « Notre rôle », souligne le président de cette association, « est d'aider le consommateur à prendre conscience de ce phénomène et par conséquent agir en la circonstance et déterminer les défaillances de part et d'autre, de l'Etat et du consommateur qui peuvent générer une telle situation ». Pour donner un schéma sur la situation actuelle du marché des fruits et légumes, un spécialiste dans le domaine agricole et membre de cette association parle de 6 à 9 intermédiaires qui viennent se placer entre le producteur et le consommateur, faisant ainsi augmenter les enchères jusqu'à atteindre une hausse de 15% d'un coup. « Les spéculateurs agissent à tous les niveaux », dira-t-il. Il existe les hauts spéculateurs, les moyens spéculateurs et les spéculateurs occasionnels. En fait, pour comprendre les pics du marché, selon le même spécialiste, il faut résoudre une équation à trois inconnues. Entre le producteur, le mandataire et le consommateur, les spéculations agissent à tous les niveaux. Les hauts spéculateurs agissent au niveau des producteurs en s'appropriant l'exclusivité d'un produit par la vente sur pied. Le produit est acheté avant même sa récolte pour être stocké et mis sur le marché en pleine pénurie et au meilleur prix. L'autre catégorie de spéculateurs agit en louant les terres agricoles et en s'associant aux bailleurs de fonds sans être de la profession. C'est ce qui explique, dira le spécialiste, que certains produits n'arrivent pas aux halles centrales et sont vendus en cours de route. Le dernier maillon de cette chaîne, ce sont les spéculateurs occasionnels qui guettent les fêtes et le mois de Ramadhan ou toute occasion aidant à faire gagner de l'argent facilement pour intervenir dans le marché, stocker des quantités considérables d'un produit quelconque et l'écouler en cas de crise.
« Si l'on prend l'exemple de la pomme de terre vendue actuellement, elle est de très mauvaise qualité et sent le moisi et porte des fissures. C'est une production locale. La récolte de ce féculent a été faite par un chariot à disque. Un matériel inapproprié qui va permettre l'introduction de corps étrangers dans le produit et détériorer la marchandise », explique le même interlocuteur. Sur le prix arrêté, il précise que suite à une opération d'investigation dans plusieurs marchés, dont ceux de Mesra et de Hassi Bounif, Il s'est avéré que le prix de revient de la pomme de terre est arrêté à 19 dinars pour le producteur. Avec une vente directe au consommateur, ce prix n'excéderait les 20 dinars. Si elle passe entre les mains du spéculateur moyen, elle est cédée à 22 dinars. Si elle est vendue au détaillant de la commune, son prix est de 19/20 dinars. Le produit arrive au mandataire à 22 dinars, puis au détaillant à 25 dinars, et enfin au consommateur à 30 et 40 dinars. Voilà le parcours de ce produit qui, une fois mis sur le marché, n'est pas frais. Evoquant la part de responsabilité du consommateur dans cette flambée des prix, le président de l'association déplore le manque de culture de consommation, accentué avec la régression du pouvoir d'achat.
« Le budget familial est consacré à 70% à l'alimentation, alors que dans les pays voisins, 20% seulement sont réservés pour ça». Revenir aux bonnes manières de consommation et identifier les besoins afin de coordonner entre la production et l'importation serait un début de résolution de ce problème, selon l'association.
|
|
Aucun commentaire disponible
| | | | |
Aucun lien disponible
| |
Aucune musique disponible
|
|
|
|