Le colloque international sur l’impact de l’intégration régionale et mondiale sur les économies du Maghreb, qui s’est déroulé, au tout début de la semaine, pour s’étaler sur deux jours a posé avec acuité le problème de l’insuffisance de travaux précis d’évaluation de l’impact des processus d’intégration économique. En deux mots, le peu d’études empiriques sur le sujet ont rendu toute approche conclusive aléatoire. Une carence expliquée par le Dr Aït Habouche Abdelmadjid, maître de conférences à l’université d’Oran et accessoirement président du comité d’organisation du colloque abrité par l’IGMO, comme étant la résultante directe d’un manque dans la formation doctorale qui souffre d’un manque de formation appliquée. L’objectif premier du colloque était d’évaluer ces processus d’intégration économique à travers des interrogations sur les problématiques, les enjeux et les effets escomptés par l’accord avec l’Union européenne et l’adhésion à l’OMC. La synthèse des travaux du colloque n’est pas conclusive comme le souligne le Dr Aït Habouche, mais il est à remarquer que pour l’Algérie, un peu à la traîne par rapport à ses deux voisins frontaliers, la zone de libre-échange ne peut que constituer un sérieux tremplin de son secteur industriel appelé à se restructurer et s’ajuster pour faire face à la concurrence des entreprises étrangères. L’objet premier de l’accord avec l’UE reste la mise en place progressive, avec en point de mire l’horizon 2017, d’une ZLE entre l’Algérie et les 27 de l’Europe. Cette ouverture économique induit automatiquement la fin du protectionnisme de l’État sur son tissu industriel et commercial en abolissant les barrières douanières et en réformant, pour plus de dividendes probants, ses secteurs liés intimement à l’économie. Les réformes déjà entamées pour certains vecteurs toucheront les finances, les télécommunications, le transport en s’appuyant parfois sur des programmes d’appui des Européens, à l’image de celui de la mise à niveau des petites et moyennes industries. Cependant, ce protectionnisme de l’État peut subsister sous différentes formes et alimenter les entreprises algériennes indirectement à travers la réduction des taxes, l’accès aux crédits… Comme impacts de cet accord, notre interlocuteur l’évalue en termes de coûts et d’avantages. Les coûts à court terme se matérialisent en une perte du budget de l’État, néanmoins jugée insignifiante et par l’emballement des importations qui peut se répercuter sur les réserves de change. La restructuration industrielle se profile, elle, comme une nécessité absolue pour faire face à la déferlante attendue des entreprises étrangères sous le sceau du droit d’établissement. L’autre impact craint est ce chômage qualifié d’économique par le maître de conférences, mais qui reste transitoire puisque lié étroitement à la restructuration du secteur industriel. Y aura-t-il un afflux notable de chômeurs dans les statistiques nationales ? Le Dr Aït Habouche estime que par la capacité réelle d’absorption de l’emploi du secteur de l’industrie, le taux de chômage national ne connaîtra guère de fluctuation notable. Comme avantages à plus ou moins long terme escomptés de cet accord, la ZLE stimule de facto le commerce et le fausse en même temps, tout en réorientant les courants des échanges. Saïd OUSSAD |