 Prenant part à des réunions de concertation, les chefs rebelles touareg préparent l’application des accords signés à Alger avec le gouvernement malien, avec la volonté d’inaugurer une nouvelle ère de paix entre les deux parties. Alors qu’une source bien informée des derniers développements sur la scène touareg annonce que Ibrahim Ag Bahanga, chef important d'une faction de rebelles touareg maliens, s'est installé en Libye avec sa famille, d’autres groupes de rebelles touareg maliens ont tenu une “réunion de concertation” dans le nord de ce pays. “Ibrahim Ag Bahanga est allé s'installer en Libye avec sa famille et quelques proches. Certains pensent qu'il a décidé de prendre du recul”, a indiqué la source proche du comité de suivi de l'accord d'Alger, qui estime que “cette information va conforter le processus de paix”. Ceci étant, les autres groupes de rebelles touareg réunis au sein de l'Alliance pour la démocratie et le changement (ADC) se sont réunis durant le week-end dans le cadre d’une rencontre de “concertation” dans le nord du Mali. Un des dirigeants de l'Alliance, Amada Ag Bibi, a déclaré à l’AFP : “Nous avons notamment parlé avec franchise du désarmement, de la création des unités spéciales et du prochain lieu où sera installé le comité de suivi de l'accord d'Alger.” Au sujet de la prochaine réunion du comité de suivi, prévue dans la capitale algérienne, dont la date n’a toujours pas encore été arrêtée, la même source affirmera : “Nous avons quand même tous accepté d'envoyer une délégation à la prochaine rencontre d'Alger, où nous devons rencontrer les émissaires du gouvernement malien pour faire avancer la paix.” Pour rappel, ce comité est composé de représentants du gouvernement malien, des rebelles touareg et de la médiation algérienne. Selon une autre source, les discussions entre les différents groupes de l’Alliance, avaient été parfois “viriles” entre les rebelles, sans donner davantage de précisions. Celle-ci révélera également que si “les uns font confiance au gouvernement malien pour un retour définitif de la paix, les autres manifestent une méfiance à son égard”. En dépit de ces appréhensions, il ne fait plus aucun doute que depuis la signature d'un accord en 2006 à Alger, qui reste la base des négociations, les rebelles ont renoncé à revendiquer l'autonomie de la région de Kidal et le gouvernement s'est engagé à accélérer le développement des trois régions du nord. Reste que maintenant, les conditions du désarmement des rebelles et de la mise sur pied des “unités spéciales” demeurent des points débattus. Si la situation s’améliore au Mali, c’est loin d’être le cas au Niger, où des affrontements se déroulent toujours dans le nord du pays entre l'armée et les rebelles touareg. C’est dire que la médiation algérienne a grandement contribué à régler ce conflit entre Bamako et les rebelles touareg, qui a failli prendre des proportions très dangereuses pour toute la région. Merzak T. |