| Ceux pour qui “le malheur des uns fait le bonheur des autres”, sont prêts dans cette Algérie d’aujourd’hui à toutes les compromissions possibles et imaginables afin d’assouvir leurs intérêts étroits même s’ils doivent marcher sur le corps de milliers de victimes. Y a-t-il une limite à l’immoralité ? Les Algériens ont-ils changé pour profiter de chaque circonstance, fut-elle malheureuse afin d’atteindre leurs objectifs ? Les difficultés économiques et sociales peuvent- elles expliquer tout au point de servir d’arguments à des agissements condamnables ? Des faux sinistrés sont débusqués ces dernières années à chaque événement dramatique qu’a connu le pays. De la violence islamiste qui perdure et qui apporte chaque jour que Dieu fait son lot de morts et de désolation, jusqu’au séisme de 2003 en passant par les inondations de Bab El-Oued, des Algériens mal intentionnés ont tenté de s’engouffrer dans la brèche des indemnisations accordées par l’État afin de gagner de l’argent, un terrain, un logement, un local et cela aux dépens des véritables victimes qui, dans certains cas, trouvent d’énormes obstacles pour faire valoir leurs droits. Les mécanismes mis en place par les pouvoirs publics semblent en tout cas fonctionner puisqu’ils permettent de faire le tri dans les demandes des personnes à indemniser, soit par un relogement, soit par l’octroi d’une aide financière. Mais la question est de savoir pourquoi ce genre d’agissements se répète assez souvent. Ceux pour qui “le malheur des uns fait le bonheur des autres” sont prêts dans cette Algérie d’aujourd’hui à toutes les compromissions possibles et imaginables afin d’assouvir leurs intérêts étroits même s’ils doivent marcher sur le corps de milliers de victimes. Cette attitude, qui résulte des changements profonds qu’a connus le pays en l’espace d’une vingtaine d’années, semble en tout cas se généraliser, atteignant dans certains cas des proportions graves. Face à cette situation complexe où il s’agit de s’attaquer finalement à un hydre, les pouvoirs publics sont interpellés afin de trouver les remèdes nécessaires pour que le “virus” du gain facile, de la corruption et du tout profit soit éradiqué. L’État doit pour ce faire donner l’exemple et doit en même temps sévir pour l’exemple. |